Comment faire un fichier de prospection : les colonnes, avec un modèle
Les colonnes à prévoir et un modèle à recopier, avant le premier appel
Un fichier de prospection se juge le jour où quelqu’un d’autre que son auteur l’ouvre pour appeler. S’il hésite sur une colonne, compose un numéro mal saisi ou tombe deux fois sur le même standard, le fichier coûte des heures au lieu d’en faire gagner.
Je le construis en deux familles de colonnes, celles qui identifient et celles qui suivent, avec un modèle à recopier dans un tableur. Viennent ensuite ce qu’on y met et ce qu’on laisse dehors, d’où viennent les lignes, et la façon de le tenir à jour pendant les appels pour qu’il serve encore à la session suivante.
et ils le disent !
Sommaire
Comment faire un fichier de prospection ?
Un fichier de prospection est un tableau où chaque ligne est une entreprise à contacter et chaque colonne une seule information sur elle. Pour le faire, on fixe d'abord la cible, puis les colonnes et leur format ; on remplit ensuite les lignes à partir de sources connues, et l'on supprime les doublons avant le premier appel.
L'ordre compte. Tant que la cible n'est pas écrite (secteur, taille d'entreprise, zone, fonction de la personne à joindre), on ne sait pas quelles colonnes serviront, et l'on finit avec un tableau trop large dont la moitié des cases restent vides. Je préfère un petit fichier complet à un gros fichier troué. Une ligne sans numéro ou sans nom d'interlocuteur ne s'appelle pas, elle se recherche, et ce temps-là se paie pendant la session d'appels.
Deux chemins mènent au même tableau. Vous pouvez le monter vous-même, ligne par ligne, ou partir d'un fichier de prospection acheté sur vos critères, qui arrive avec une bonne part des colonnes d'identification déjà remplies, surtout pour l'entreprise, plus rarement pour la personne à joindre. Dans les deux cas, les colonnes de suivi des appels restent à ajouter, et c'est souvent là que le fichier se gagne ou se perd.
Les colonnes d'un fichier de prospection, avec un modèle

Je range les colonnes en deux familles. Les premières disent qui on appelle ; elles se remplissent une fois et bougent peu. Les secondes, qui disent où on en est avec cette entreprise, changent à chaque appel. Les mélanger, par exemple en notant « absent le vendredi » dans la case du nom, rend le tri et le filtre impossibles.
| Famille | Colonne | Ce qu'on y met | Format conseillé |
|---|---|---|---|
| Identification | Raison sociale | Le nom officiel de l'entreprise | Texte, sans abréviation maison |
| Identification | SIREN | La clé qui repère les doublons | 9 chiffres |
| Identification | Secteur | L'activité, pour trier et adapter l'accroche | Code NAF, ou libellé pris dans une liste fermée |
| Identification | Effectif | La taille de l'entreprise | Tranche prise dans une liste fermée |
| Identification | Code postal | La zone, pour regrouper les appels | 5 chiffres |
| Identification | Ville | La commune, pour lire la zone d'un coup d'œil | Texte, une seule orthographe |
| Identification | Téléphone | Le numéro à composer | 10 chiffres collés |
| Identification | Prénom du contact | La personne à joindre | Texte |
| Identification | Nom du contact | Son nom de famille, pour trier et retrouver la ligne | Texte |
| Identification | Fonction | Son rôle dans la décision d'achat | Liste fermée (dirigeant, DAF, DRH…) |
| Identification | L'adresse où envoyer un document après l'appel | Une seule adresse par case | |
| Identification | Source | D'où vient la ligne | Liste fermée (fichier acheté, salon, ancien client…) |
| Suivi | Priorité | L'ordre dans lequel on appelle | A, B ou C |
| Suivi | Statut d'appel | Où en est la ligne | Liste fermée (voir plus bas) |
| Suivi | Date du dernier appel | Quand on a appelé pour la dernière fois | AAAA-MM-JJ |
| Suivi | Date de rappel | Le prochain appel promis au prospect | AAAA-MM-JJ |
| Suivi | Note du dernier échange | Ce qu'il faut savoir avant de rappeler | Une ou deux phrases, datées |
Pour démarrer, recopiez ces dix-sept intitulés dans la première ligne d'un tableur, figez cette ligne, puis transformez chaque colonne marquée « liste fermée » en menu déroulant, grâce à la validation des données d'Excel ou de Google Sheets. Si vous partez d'un fichier acheté, la page consacrée au fichier de prospection propose un modèle vide à télécharger, avec les colonnes d'un fichier livré. Société y tient lieu de Raison sociale et Activité de Secteur, sa colonne Statut décrit l'entreprise et non l'appel, et les colonnes de suivi s'ajoutent à sa droite.
SIREN et source : deux colonnes qu'on sous-estime
Le SIREN compte 9 chiffres et désigne l'entreprise. Le SIRET, que l'on trouve souvent dans les fichiers, en compte 14, soit les 9 du SIREN suivis de 5 chiffres propres à chaque établissement (source : Service Public Entreprendre, fiche « Comment obtenir un numéro Siren ou un Siret ? »).
Deux lignes au même SIREN sont donc la même société, même si sa raison sociale est écrite autrement. Si votre fichier ne donne que le SIRET, ses 9 premiers chiffres vous rendent le SIREN. Plusieurs SIRET sous un même SIREN désignent des établissements de cette société : selon votre cible, on les appelle tous ou seulement le siège.
La colonne Source paraît accessoire jusqu'au jour où quelqu'un vous demande d'où vous tenez ses coordonnées. Or, quand les données n'ont pas été collectées auprès de la personne, le RGPD range leur source parmi les informations qui lui sont dues (article 14).
Ce qu'on met, ce qu'on laisse
Un fichier se dégrade dès que chacun saisit à sa façon. Le même refus finit noté « pas intéressé » par l'un et « NON » par l'autre, et plus personne ne peut filtrer ni compter. La parade tient dans un format imposé par colonne, écrit en tête du tableur ou dans un onglet de mode d'emploi.
- Téléphone sur 10 chiffres collés, sans point ni espace, sinon le tri et la recherche des doublons se cassent.
- Dates en AAAA-MM-JJ, pour qu'elles se classent dans l'ordre réel et non par ordre alphabétique.
- Statuts d'appel en liste fermée : À appeler, Rappel programmé, Barrage, Refus, Hors cible, Ne plus appeler, Rendez-vous pris. Personne n'ajoute de valeur sans l'accord de celui qui tient le fichier.
- Une seule orthographe par libellé : « Industrie » partout, jamais « INDUS » à la ligne d'en dessous.
Ce qu'on laisse dehors compte autant. Pas de colonne « Infos » ou « Divers », ce fourre-tout où se perdent la fonction du contact et la date du rappel. Pas non plus de colonne remplie pour trois lignes sur cinq cents, qui ne fait qu'encombrer l'écran de celui qui appelle. Et rien qui ne serve pas à la prospection, comme une date d'anniversaire ou un avis personnel sur l'interlocuteur. Le RGPD demande des données limitées à ce qui est nécessaire au but poursuivi (article 5, « minimisation des données »).
Le statut « Ne plus appeler » se distingue du simple refus. Une personne peut s'opposer à tout moment à ce que ses données servent à la prospection, et elles ne doivent alors plus être traitées à cette fin (RGPD, article 21). Une valeur dédiée, filtrée avant chaque session, évite de rappeler quelqu'un qui a dit non pour de bon. Le volet juridique d'un fichier est détaillé dans les règles du RGPD appliquées à un fichier d'entreprises.
Remplir le fichier et le dédoublonner
Les lignes viennent de trois endroits. D'abord vos propres données (anciens clients, devis restés sans suite, contacts de salon), qui ont l'avantage de vous connaître déjà.
Viennent ensuite les registres publics. Le service public Annuaire des Entreprises (annuaire-entreprises.data.gouv.fr) sert à vérifier une société à partir de son nom ou de son SIREN, ligne par ligne, mais on n'y monte pas un gros fichier à la main. Un fichier acheté enfin, construit sur vos critères, qui apporte d'un coup l'essentiel de l'identification des entreprises ; le contact, sa fonction et son e-mail restent souvent à compléter, comme les colonnes de suivi.
Avant la première session, un passage sur le fichier entier évite de composer des numéros morts :
- Supprimer les doublons sur le SIREN, puis sur le téléphone.
- Écarter les lignes injoignables : numéro manquant ou incomplet, entreprise fermée.
- Classer par priorité, pour que les premiers appels portent sur les entreprises les plus proches de votre offre.
- Garder une copie intacte du fichier d'origine avant toute modification.
Le nettoyage en profondeur (adresses périmées, numéros invalides, sociétés radiées) relève d'un autre chantier, décrit dans la méthode pour nettoyer une base avant les appels.
Tenir le fichier à jour pendant les appels
Un fichier de prospection n'est jamais terminé. Il s'enrichit à chaque appel, à condition d'être mis à jour pendant l'appel et pas le soir. Un statut noté de mémoire en fin de journée est souvent faux, et un « rappeler » sans date ne sera jamais suivi.
À chaque appel, celui qui compose touche trois cases : le statut, la date du dernier appel et la note, plus la date de rappel quand le prospect en donne une. Au fil des sessions, le fichier se trie de lui-même. Les lignes hors cible sortent du circuit et les rappels du jour remontent par un filtre sur la date. Quant aux rendez-vous pris, ils passent au commercial qui les honorera.
Si plusieurs personnes appellent le même fichier, ou si vous confiez les appels à des téléopérateurs indépendants, cette discipline devient la condition pour que le travail de l'un serve à l'autre. Mon conseil pour lundi matin ? Écrivez la définition de chaque statut en tête du fichier, en une ligne, avant d'ouvrir la session. Si sept statuts vous paraissent trop, une nomenclature plus courte, définie statut par statut, montre comment s'en tenir à cinq.
Vos questions sur la création du fichier
Excel suffit-il pour faire un fichier de prospection, ou faut-il un logiciel ?
Un tableur (Excel ou Google Sheets) suffit pour démarrer tant qu'une ou deux personnes appellent : les menus déroulants et les filtres couvrent l'essentiel. Un logiciel de prospection ou un CRM devient utile quand plusieurs personnes appellent en même temps, parce qu'il évite que deux appelants modifient la même ligne et qu'il garde l'historique de chaque appel, ce qu'un tableur partagé fait mal.
Peut-on appeler un fichier acheté tel quel ?
Oui pour les données, à condition d'ajouter d'abord vos colonnes de suivi. Un fichier acheté apporte l'identification des entreprises : raison sociale, activité, adresse, téléphone, code NAF, et selon les sources le dirigeant ou l'effectif. Il ne contient pas les colonnes de suivi des appels, propres à votre façon de travailler. Ajoutez-les avant la première session, puis classez les lignes par priorité : le fichier devient alors l'outil commun de tous ceux qui appellent.
A-t-on le droit de constituer un fichier de prospection d'entreprises ?
Oui. Dès que le fichier contient des noms de personnes, il relève du RGPD, qui en fixe le cadre : données utiles à la prospection seulement, origine des données indiquée à la personne, appels arrêtés si elle s'y oppose. Le texte du règlement se lit sur le site de la CNIL.
Que mettre dans la note d'appel ?
Ce dont la personne suivante aura besoin pour rappeler sans faire répéter le prospect. D'abord le besoin ou l'objection entendus, avec l'échéance évoquée, par exemple un contrat qui arrive à terme. Ensuite ce qui a été promis, comme un document à envoyer. Une ou deux phrases datées font l'affaire ; les jugements sur la personne n'y ont pas leur place.
Prêt à passer à l'action ?
Besoin d'un fichier de prospection B2B qualifié ? Parlons de vos critères de ciblage et de la fraîcheur des données.
