Pénurie de semi-conducteurs : causes et conséquences

Pénurie de semi-conducteurs : causes et conséquences
Vous êtes chef d’entreprise ou travailleur indépendant ?
Créer un compte gratuitement

Rejoignez notre plateforme de mise en relation entre téléprospecteurs à domicile et entreprises !

Les constructeurs automobiles ont réduit leur production. Les PlayStations sont devenues plus difficiles à trouver dans les magasins. Les ordinateurs assemblés sur mesure ont affiché des délais de fabrication démultipliés. Tous ces phénomènes, et bien d’autres, avaient une cause similaire : une pénurie soudaine et en cascade de semi-conducteurs. Également connus sous le nom de circuits intégrés ou, plus communément, de puces, ces produits sont peut-être les plus petits et les plus exigeants jamais fabriqués à l’échelle mondiale. La combinaison du coût et de la difficulté de leur production a suscité une dépendance mondiale à l’égard de deux puissances asiatiques – Taiwan Semiconductor Manufacturing Co. (TSMC) et Samsung Electronics Co. Cette dépendance a pris un relief particulier en 2020, lorsque la pandémie de Covid-19 et les tensions croissantes entre les États-Unis et la Chine ont rendu les puces rares.

Pourquoi y a-t-il des pénuries de semi-conducteurs ?

De nombreux facteurs expliquent la situation de pénurie actuelle, mais la principale raison réside dans la crise sanitaire mondiale qui sévit depuis le début de l’année 2020.

Dans les entreprises, le travail à distance est devenu la norme. Cela a poussé la demande de puces au-delà des niveaux prévus avant la pandémie. Les fermetures des bureaux ont stimulé la croissance des ventes d’ordinateurs portables, qui ont atteint leur plus haut niveau en dix ans. Les équipements de réseau domestique, les webcams et les moniteurs se sont arrachés à mesure que le travail de bureau se déplaçait hors du bureau. Les ventes d’appareils électroménagers, des téléviseurs jusqu’aux purificateurs d’air, ont également bondi, tous étant désormais équipés de puces personnalisées.

Dans le même temps, les constructeurs automobiles qui ont réduit considérablement leurs activités au début de la pandémie ont sous-estimé la vitesse à laquelle les ventes de voitures allaient rebondir. Ils se sont empressés de passer de nouvelles commandes à la fin de l’année 2020, mais n’ont pas pu les honorer car les fabricants de puces étaient déjà surchargés de travail pour fournir des géants de l’informatique et des smartphones comme Apple Inc.

Les fabricants de PC eux aussi ont commencé à mettre en garde contre un approvisionnement limité au début de 2020. Puis, vers le milieu de l’année, Huawei a commencé à constituer des stocks pour s’assurer qu’il pourrait survivre aux sanctions américaines qui devaient le couper de ses principaux fournisseurs. D’autres entreprises lui ont emboîté le pas, dans l’espoir de ravir des parts à Huawei, et les importations chinoises de puces ont grimpé à près de 380 milliards de dollars en 2020, contre 330 milliards de dollars l’année précédente.

Enfin, une vague de froid glacial en février au Texas a entraîné des coupures de courant qui ont fermé les usines de semi-conducteurs regroupées autour d’Austin. Il a fallu attendre fin mars pour que les installations de Samsung là-bas reviennent à la normale. Au Japon, une usine appartenant à un important fournisseur de puces automobiles a été endommagée par un incendie en mars, perturbant la production pendant des mois.

Quelles sont les conséquences de la pénurie de semi-conducteurs ?

La pénurie de puces devrait anéantir 110 milliards de dollars de chiffre d’affaires pour les constructeurs automobiles cette année, avec une perte de production de 3,9 millions de véhicules, soit environ 4,6 % du total prévu. « Je n’ai jamais rien vu de tel », a tweeté Elon Musk de Tesla. Samsung a averti en mars qu’il constatait un grave déséquilibre entre l’offre et la demande au niveau mondial. TSMC a prévu en avril que les pénuries pourraient se prolonger jusqu’en 2022. Apple a déclaré que les contraintes d’approvisionnement freinaient les ventes d’iPad et de Mac, ce qui, selon l’entreprise, réduirait son chiffre d’affaires du troisième trimestre de 3 à 4 milliards de dollars. Enfin Nintendo Co. a déclaré en mai que des pénuries ralentissaient la production de sa console de jeu Switch.

Les États-Unis, qui sont toujours en tête du classement mondial en matière de conception de puces, tentent alors de réagir et cherchent à encourager la création d’entreprises visant à construire ou à développer des usines de pointe sur le territoire national pour faire face à ce que la secrétaire au commerce, Gina Raimondo, a qualifié de risque pour la sécurité nationale et économique. Dans un rapport publié en juin, le président Joe Biden a recommandé au Congrès d’allouer au moins 50 milliards de dollars pour soutenir la recherche et la production de semi-conducteurs aux États-Unis.

De même, les responsables de l’Union européenne étudient les moyens de construire une usine de semi-conducteurs de pointe en Europe, éventuellement avec l’aide de TSMC et de Samsung, dans le cadre de leur objectif de doubler la production de puces pour atteindre 20 % du marché mondial d’ici 2030. En avril, le Royaume-Uni a ordonné une enquête pour des raisons de sécurité nationale sur l’accord de 40 milliards de dollars conclu par la société californienne Nvidia pour acheter le concepteur britannique de semi-conducteurs Arm Ltd.

Avec la prolifération des réseaux mobiles 5G et le travail à domicile de nombreuses personnes, le besoin de puces plus puissantes et plus économes en énergie ne fera que croître. TSMC et Samsung s’efforcent donc de rendre les transistors de plus en plus microscopiques afin d’en faire tenir davantage dans une seule puce. Même de petites améliorations peuvent permettre de réaliser des économies substantielles lorsqu’elles sont multipliées à l’échelle d’une entreprise. L’essor de l’intelligence artificielle est une autre force qui pousse à l’innovation, puisque l’IA repose sur le traitement massif de données. Des conceptions plus efficaces contribueront également au développement de ce que l’on appelle l’internet des objets (IoT).

Source : Washingtonpost.com

Retour en haut