Total voit ses bénéfices lourdement chuter en 2020

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Le groupe français Total a annoncé mardi une chute massive de ses bénéfices après une année tumultueuse au cours de laquelle les prix des matières premières se sont effondrés en raison de la crise sanitaire. Le géant de l’énergie a déclaré que le bénéfice net pour l’année 2020 s’élevait à 4,06 milliards de dollars, qui en comparaison avec les 11,8 milliards de dollars pour l’exercice 2019 représente une baisse de 66 %.

2020 année de crise pour le pétrole

Les actions de Total sont en hausse d’environ 0,8 % depuis le début de l’année, après avoir chuté de plus de 28 % l’année dernière. « Total a fait face à deux crises majeures en 2020 : la pandémie de Covid-19 qui a sévèrement affecté la demande mondiale d’énergie, et la crise pétrolière qui a fait chuter le prix du Brent en dessous de 20 dollars le baril au deuxième trimestre », a déclaré Patrick Pouyanne, PDG de Total, dans un communiqué.

« Dans ce contexte particulièrement difficile, le Groupe a mis en place un plan de relance immédiat et a prouvé sa résilience grâce à la qualité de son portefeuille », a-t-il ajouté. Total a déclaré qu’il proposerait un dividende de 0,66 euro par action au quatrième trimestre, dans la lignée des trimestres précédents, ce qui fixerait le dividende pour 2020 à 2,64 euros par action.

De manière générale, c’est tout le secteur pétrolier qui souffre de cette situation exceptionnelle. La semaine dernière, le géant britannique du pétrole et du gaz BP a annoncé sa première perte nette en année pleine depuis une décennie, tandis que le géant pétrolier américain Exxon Mobil déplorait son quatrième trimestre consécutif de pertes. Le géant pétrolier anglo-néerlandais Royal Dutch Shell a également fait état d’une forte baisse de ses bénéfices sur l’ensemble de l’année.

Le PDG de BP, Bernard Looney, a qualifié l’année 2020 de « la plus dure » de sa carrière, tandis que le PDG d’Exxon Mobil, Darren Woods, a déclaré que les 12 derniers mois « ont présenté les conditions de marché les plus difficiles qu’Exxon Mobil ait jamais connues ».

Dans une étude qualifiée sur le sujet, des majors de l’énergie ont averti que la crise actuelle des coronavirus risque de continuer à affecter leurs performances à court terme tout en cherchant à rassurer les investisseurs sur leur rentabilité future. Total a réaffirmé cette tendance dans ses résultats annuels, affirmant que l’environnement pétrolier « reste incertain et dépendant de la reprise de la demande mondiale, toujours affectée par la pandémie de Covid-19 ».

Pression croissante sur le pétrole

Total a informé qu’il avait choisi de mettre un terme à son adhésion à l’American Petroleum Institute cette année, une association d’entreprises du secteur pétrolier essentiellement composée d’acteurs américains. Le groupe français s’est justifié de ce choix en exposant des désaccords trop importants au sujet des politiques climatiques, surtout au sujet de la sensible réglementation en matière de forage que l’API souhaite alléger.

Cette décision a été considérée comme un fossé grandissant entre les grandes compagnies pétrolières et gazières de part et d’autre de l’Atlantique. Ces dernières années, les grandes compagnies pétrolières et gazières européennes ont généralement été perçues comme étant plus disposées à accélérer les plans de réduction des émissions de carbone, tandis que leurs homologues américaines, telles que Chevron et Exxon Mobil, ont résisté aux appels à la diversification de leur activité.

Cette évolution intervient alors que l’industrie mondiale du pétrole et du gaz est confrontée à une pression croissante de la part des militants de la lutte contre les urgences climatiques, des investisseurs militants et des décideurs politiques du monde entier. S&P Global ratings – l’une des sociétés de notation les plus influentes – a averti le mois dernier qu’elle pourrait réduire la cote de crédit d’un certain nombre de grands producteurs, dont Total, Royal Dutch Shell et ExxonMobil. La société de notation estime que « la transition énergétique, la volatilité des prix et l’évolution de la rentabilité constituent des risques croissants pour les producteurs de pétrole et de gaz ».

Source : Cnbc.com

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