Shell mise sur l’hydrogène plutôt que sur le renouvelable

Shell mise sur l’hydrogène plutôt que sur le renouvelable
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Shell parie sur son expertise dans le commerce de l’énergie et sur la croissance rapide des marchés de l’hydrogène et des biocarburants en s’éloignant du pétrole, plutôt que de rejoindre ses rivaux dans une course aux énergies renouvelables. Shell et ses rivaux européens sont à la recherche de nouveaux modèles économiques pour réduire leur dépendance aux combustibles fossiles et attirer les investisseurs préoccupés par les perspectives à long terme d’une industrie soumise à une pression intense pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Une stratégie à contre-courant

Shell présentera sa stratégie le 11 février et, contrairement à Total et BP, la société se concentrera davantage sur le fait de devenir un intermédiaire entre les producteurs d’énergie propre et les clients plutôt que sur l’investissement de milliards dans des projets d’énergies renouvelables, ont déclaré les sources, donnant des détails du plan qui n’avaient pas été communiqués auparavant.

Shell a annoncé en octobre qu’elle augmenterait ses dépenses en énergie à faible teneur en carbone à 25 % des dépenses d’investissement globales pour atteindre ses objectifs d’ici 2025. La société anglo-néerlandaise maintiendra cependant sa production globale de pétrole et de gaz largement stable pour la prochaine décennie afin de financer sa transition énergétique, bien que le gaz soit appelé à devenir une part plus importante du mélange.

Capitaliser sur son rôle de leader

Au cœur des projets de Shell se trouvent son expérience dans le commerce de tous les types d’énergie, du pétrole au gaz naturel en passant par l’électricité, et son vaste réseau de distribution, qui compte plus de points de vente que les deux plus grandes chaînes alimentaires du monde, Subway et McDonald’s.

Shell est déjà le premier négociant mondial d’énergie. La société négocie environ 13 millions de barils de pétrole par jour, soit 13 % de la demande mondiale avant la pandémie, en utilisant l’une des plus grandes flottes de pétroliers. Elle est la premier négociante de gaz naturel liquéfié, achète et vend de l’électricité, des biocarburants, des produits chimiques, des crédits carbone et entend maintenant profiter de sa position de leader pour s’emparer d’une grande partie du marché de l’électricité à faible teneur en carbone, qui connaît une croissance rapide.

« L’avenir de l’énergie est particulièrement prometteur pour notre marketing et nos entreprises en contact avec la clientèle, où nous avons déjà une certaine envergure. Nous allons donc accélérer un plan de croissance qui est déjà en cours », a déclaré le directeur général Ben van Beurden en octobre.

Néanmoins, les analystes affirment que la division commerciale de Shell sera confrontée à un défi car elle dépend fortement pour le moment des ventes de produits raffinés à base de combustibles fossiles, qui représentent également une grande partie de ses émissions de carbone. Dans le même temps, Shell prévoit d’accroître sa clientèle en développant son activité d’approvisionnement en électricité pour les foyers et son réseau de points de recharge pour véhicules électriques, ainsi qu’en signant des accords d’achat d’électricité à long terme pour les entreprises.

Shell compte déjà 45 000 points de vente au détail dans le monde, soit bien plus que ses concurrents européens, et prévoit d’en ajouter 10 000 autres d’ici 2025.

Shell parie également sur la croissance future de l’hydrogène, ont indiqué les sources. Bien qu’il s’agisse encore d’un marché de niche, l’hydrogène a suscité un énorme intérêt ces derniers mois en tant qu’alternative propre au gaz naturel pour l’industrie lourde et les transports.

L’hydrogène, et l’hydrogène dit « vert » qui est produit uniquement à partir d’énergie renouvelable, s’accompagne de coûts élevés et de défis en matière d’infrastructure, bien que Shell investisse déjà.

En revanche, l’entreprise hésite à développer son positionnement sur des projets d’énergie renouvelable dans lesquels elle n’aura pas d’avantage concurrentiel particulier par rapport à d’autres compagnies. De plus, les investisseurs s’inquiètent de la difficulté qu’ils pourraient avoir à atteindre leurs prévisions de bénéfices en investissant dans des projets d’énergies renouvelables coûteux qui ont généralement des taux de rendement inférieurs à ceux du pétrole.

Source : Reuters.com

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