Renault se fixe un nouveau cap pour sortir de la crise

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Renault SA s’est fixé des objectifs prudents pour revenir progressivement aux niveaux de rentabilité d’avant la pandémie, reflétant les défis que le PDG Luca de Meo aura à relever pour redresser le constructeur automobile français en difficulté.

Plusieurs objectifs à court et moyen terme

La société vise une marge d’exploitation de plus de 3 % d’ici 2023 et d’au moins 5 % d’ici le milieu de la décennie, selon un communiqué publié ce jeudi. A titre de comparaison, le constructeur avait enregistré un rendement de 4,8 % en 2019, avant d’enregistrer des pertes record en pleine pandémie.

Luca De Meo, 53 ans, est confronté à la difficile tâche de rationaliser une structure de coûts gonflée et une capacité de production excédentaire tout en rendant des comptes à l’État français, principal actionnaire de Renault. Le PDG a déclaré que les réductions de dépenses que l’entreprise avait prévues en juillet seront réalisées plus tôt que prévu et s’est fixé de nouveaux objectifs pour les quatre années à venir. Le plan a déçu les investisseurs, les actions de Renault ayant chuté de 4,7 % peu après l’ouverture de la bourse de Paris. « Nous considérons que les objectifs financiers pour 2025 sont prudents », a tout de même déclaré Jose Asumendi, un analyste de JPMorgan qui estime que les objectifs pourraient être atteints d’ici 2022.

Quelle stratégie pour la prochaine décennie ?

Les marges de l’entreprise seront limitées par des niveaux élevés de dépréciation, a déclaré la PDG adjointe Clotilde Delbos aux analystes lors d’une conférence téléphonique. Bien que la société ait été un précurseur en matière d’électrification avec sa Renault Zoé, la majeure partie de ses actifs industriels sont liés aux véhicules à moteur à combustion interne.

Sur les 24 modèles que Renault prévoit de lancer d’ici le milieu de la décennie, la moitié sera dans des segments de véhicules plus grands qui ont tendance à être plus lucratifs et au moins 10 seront entièrement électriques. Toujours dans une logique d’optimisation de la rentabilité, de nombreuses pièces de ces futurs véhicules sont réalisées par des sociétés extérieures venant principalement d’Europe.

Luca De Meo a tourné autour de la marque espagnole Seat de Volkswagen avant de prendre la tête de Renault suite à l’éviction de Thierry Bollore, un protégé de longue date du PDG Carlos Ghosn.

Bien que M. De Meo ait convoité le redressement réalisé par le groupe français PSA, homologue de Renault, ses objectifs de rentabilité ne sont pas à la hauteur des niveaux atteints par sa société rivale avant que la pandémie de Covid-19 ne ravage l’industrie. Le groupe PSA, dont font notamment partie Peugeot et Citroën, est maintenant sur le point de fusionner avec Fiat Chrysler Automobiles NV après que le gouvernement français ait fait échouer une tentative de rapprochement avec Renault par la société italo-américaine.

Le plan stratégique de Luca De Meo est le premier que Renault ait livré depuis le départ de Carlos Ghosn, dont l’arrestation au Japon en 2018 a déclenché une crise sans précédent au sein de l’entreprise française et de son partenaire Nissan. L’alliance de plus de deux décennies a failli être démantelée après que des factions au sein de Nissan aient mené une campagne pour destituer le président et coopérer avec les procureurs au Japon.

L’année dernière, les deux entreprises ont prévu de supprimer chacune plus de 14 000 emplois dans le monde, mais M. de Meo et le président Dominique Senard devront faire preuve de prudence. Ils ont subi une pression considérable de la part de l’État après que Renault a contracté un prêt de 5 milliards d’euros garanti par le Gouvernement pour faire face à la crise du Covid-19.

Les ventes mondiales de Renault ont chuté de 21 % l’année dernière pour atteindre 2,95 millions de véhicules, ce qui est loin de l’ambition de M. Ghosn de dépasser les 5 millions de ventes annuelles.

Source : Bloomberg.com

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