Renationalisation de la franchise ferroviaire Northern

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La décision du secrétaire d’État aux transports, Grant Shapps, sera bien accueillie après des années d’annulations et de retards généralisés pour les passagers.

Une institution historique

Northern est une société d’exploitation de trains située dans le nord de l’Angleterre qui a commencé à exploiter la franchise du même nom le 1er avril 2016 et a hérité des unités de l’opérateur précédent Northern Rail. Filiale d’Arriva UK Trains, Northern est la plus grande franchise ferroviaire du Royaume-Uni que ce soit au niveau de la taille de son réseau que du nombre de services hebdomadaires proposés.

Le gouvernement a annoncé la renationalisation de la franchise ferroviaire Northern, l’opérateur public représentant le dernier recours dans la reprise totale de l’exploitation du réseau en difficulté prévue pour le 1er mars prochain.

La franchise Northern est gérée par Arriva depuis 2016, mais les résultats de l’analyse fonctionnelle des plans ambitieux de l’opérateur pour moderniser et étendre les services de trains ont fait place à une sinistre réalité de manque de ponctualité et  de fiabilité croissantes, et à l’échec des améliorations promises.

Une perte de contrôle sur les plans d’action et de développement prévus

Northern affirme que de nombreux facteurs étaient hors de contrôle, comme le report de la modernisation des infrastructures qui a affecté le déploiement de trains électriques, ce qui a entraîné la rétention prolongée des tristement célèbres trains Pacer, des bus ferroviaires mis en place suite à une pénurie de matériel roulant à partir de 1980, mais de nombreux modèles sont encore en service. Pendant ce temps, un conflit de longue date avec le syndicat RMT a conduit à des grèves généralisées.

Shapps a annoncé début janvier que les finances de Northern signifiaient que l’accord de franchise actuel ne pouvait durer que quelques mois et qu’il envisageait la meilleure option pour le contribuable et les passagers. Cependant, il a décidé de ne pas accepter les propositions d’Arriva pour un contrat de gestion à court terme, que les autorités de transport de Northern avaient décrit comme une « récompense pour l’échec ».

Cette décision signifie que les conservateurs ont renationalisé deux grandes franchises ferroviaires en moins de deux ans, après avoir repris la ligne de la côte est en juin 2018, désormais gérée sous le nom de LNER après l’effondrement de Virgin Trains East Coast. La semaine dernière, M. Shapps a admis que l’avenir d’une autre compagnie, South West Railway, était incertain, le groupe privé britannique First Group-MTR ayant déclaré qu’elle manquait de liquidités. Des questions pèsent également sur les franchises du TransPennine Express et du West Midlands Trains.

Il est peu probable que la renationalisation ait des implications immédiates pour le personnel ou les voyageurs. Pratiquement tous les emplois seront probablement maintenus (au LNER, même l’équipe de direction de Virgin est restée en place) et les problèmes opérationnels persisteront.

Toutefois, la décision sera plus acceptable pour les syndicats, les politiciens du Nord et les passagers, qui ont demandé que des mesures soient prises pour améliorer les services.

Une tendance inverse en France

La réforme de la SNCF lancée en 2018 avait initié tout un processus. Depuis ce 1er janvier 2020, la SNCF a changé de statut et est désormais une véritable société anonyme (SA), ce qui marque le début de la fin de la nationalisation du service du rail.

Pour sa part, et en se basant sur les spécificités économiques du territoire français, un tel changement de statut entraîne des conséquences profondes telles que le fait que la structure est désormais soumise à des règles de ratios d’endettement et de gestion de budget, tout en ayant des objectifs de rentabilité et de chiffre d’affaires.

Il faut donc être encore patient pour analyser l’évolution de cette stratégie, d’autant plus face à un contexte d’ouverture à la concurrence, pour constater si une renationalisation verra le jour.

Source utilisée : TheGuardian.com

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