L’Irlande souhaite redynamiser l’économie de ses zones rurales

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L’Irlande saisit « l’opportunité inégalée » offerte par le changement des habitudes de travail de l’époque de la pandémie pour déplacer la population des grandes villes vers le reste du pays, en envisageant un réseau de centres de travail à distance et de centres-villes rajeunis dans le but de combler le fossé rural-urbain qui existe depuis longtemps dans le pays.

Apporter une réponse à l’isolement des ruralités

Le gouvernement irlandais a dévoilé lundi sa stratégie « Our Rural Future » (Notre avenir rural), avant l’annonce promise de l’assouplissement d’un confinement qui dure depuis trois mois. Certaines des mesures actuellement en vigueur, notamment l’interdiction des déplacements non essentiels à plus de 5 km, ont particulièrement touché les habitants des zones rurales. Le plan, le premier de ce type lancé par un pays européen depuis le début de la pandémie, prévoit la création d’un réseau de plus de 400 centres de travail à distance et l’introduction d’allégements fiscaux pour les particuliers et les entreprises qui soutiennent le travail à domicile.

Le gouvernement s’est fixé pour objectif de faire passer 20 % des 300 000 fonctionnaires irlandais au travail à distance d’ici à la fin de l’année. D’autres mesures comprennent un « soutien financier » pour encourager les gens à vivre dans les villes rurales et un déploiement accéléré du haut débit. « Alors que nous nous remettons de l’impact de la pandémie de COVID-19, une occasion sans précédent s’offre à nous de réaliser l’objectif d’un développement régional équilibré et de maximiser la reprise pour toutes les parties de notre pays », a déclaré aux journalistes le chef du gouvernement irlandais Micheál Martin.

Le fossé entre les villes et les campagnes a dominé la politique irlandaise pendant des décennies. Mais Heather Humphreys, ministre du développement rural et communautaire, a déclaré que le pays avait désormais « une occasion sans précédent de renverser la vapeur. La plus grande erreur que nous puissions commettre au sortir de la pandémie est de revenir à l’ancienne normalité. » La dernière grande poussée de décentralisation en Irlande remonte au début des années 2000, lorsque les ministères ont été déplacés de Dublin. Ce mouvement a créé beaucoup moins d’emplois dans les régions que prévu. M. Humphreys a déclaré que ce plan était différent. « Il s’agit d’une décentralisation moderne, dirigée par les travailleurs, qui n’est pas axée sur les bâtiments mais sur la mobilité du personnel. »

Un plan coûteux mais nécessaire pour redynamiser le pays

Une seule des 152 mesures du plan est assortie d’une échéance. Et aucune n’a été chiffrée, bien que les ministres aient souligné que des fonds étaient disponibles. M. Humphreys a promis de donner plus de détails la semaine prochaine sur ce qui pourrait être réalisé cette année. D’autres pays européens sont confrontés à des questions similaires sur la manière dont leurs villes vont évoluer suite aux changements de pratiques de travail provoqués par la pandémie.

Ian Warren, directeur du groupe de réflexion britannique Centre For Towns, a souligné que « beaucoup d’investissements » étaient nécessaires pour gérer les déplacements de population, notamment « de très bonnes infrastructures, le haut débit, de bons logements, de bons services publics, de bons transports », ainsi que l’accès aux espaces verts et à la culture.  Les incitations fiscales du type de celles que Dublin promet ne sont « qu’un levier parmi d’autres », a déclaré M. Warren.

Lors de la cérémonie de lancement du plan, des témoignages vidéo de plusieurs femmes qui ont déménagé dans la campagne irlandaise ces dernières années ont été présentés. Elles ont cité toute une série d’avantages, notamment le fait de ne pas avoir à faire la navette, de se rapprocher de leur famille et d’avoir un logement plus abordable. La perspective de voir d’autres personnes suivre leur exemple inquiète déjà les entreprises de Dublin, dont beaucoup ont été fermées pendant la majeure partie de l’année dernière en raison de l’un des confinements les plus sévères d’Europe.

Source : FT.com

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