L’industrie européenne du tourisme est en crise et supprime des milliers d’emplois

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L’industrie européenne du tourisme est ébranlée par la résurgence du Covid-19 et les nouvelles mesures prises pour le freiner. En effet, l’opérateur hôtelier britannique Whitbread prévoit de supprimer près d’un emploi sur cinq.

L’exploitant des hôtels Premier Inn a déclaré qu’il supprimera jusqu’à 6 000 travailleurs de ses effectifs, soit 6 000 personnes en plus en recherche de travail. Les entreprises liées au tourisme recourent à des mesures drastiques car les consommateurs annulent leurs projets de voyage et tiennent compte des conseils de rester chez eux pour éviter d’attraper ou de propager le coronavirus.

Le Royaume-Uni s’apprête à fermer les bars à 22 heures, tout en faisant marche arrière sur l’encouragement des travailleurs à retourner aux bureaux, en disant qu’ils devraient travailler de nouveau à domicile si possible. En plus des quarantaines imposées aux voyageurs, les nouvelles restrictions frappent durement les compagnies aériennes, les chaînes de restaurants et les propriétaires de bars, après un début de reprise estivale après des mois de fermeture.

Du chômage et des dévalorisations importantes dans tous les sens

JD Wetherspoon a déclaré mardi qu’il avait écrit à 1000 travailleurs employés dans les pubs des aéroports britanniques pour les informer que jusqu’à 450 emplois étaient menacés. Le propriétaire de British Airways, International Consolidated Airlines Group SA, a perdu un sixième de sa valeur marchande depuis vendredi.

Le gouvernement du Premier ministre Boris Johnson a adopté une position ferme après avoir fait face à des critiques concernant les défaillances du système de test de virus et les messages contradictoires sur la réouverture des lieux de travail. Au Royaume-Uni, le nombre de nouveaux cas de Covid-19 signalés chaque jour a dépassé les 4 000, un niveau jamais atteint depuis mai. Le principal conseiller scientifique du pays a averti lundi que le pays est en voie d’atteindre 50 000 nouveaux cas par jour d’ici la mi-octobre sans action urgente.

Les nouveaux cas quotidiens ont récemment dépassé les 10 000 en France et en Espagne, qui signalent quotidiennement plus d’infections que lors du confinement en mars et avril. Cela a incité des pays comme le Royaume-Uni à imposer des quarantaines de 14 jours aux voyageurs revenant de ces destinations et d’autres, frappant les hôtels et les voyagistes.

Les suppressions d’emplois proposées par Whitbread sont les dernières en date d’une vague de licenciements en Europe. TUI AG, le plus grand voyagiste de la région, a lancé un programme visant à réduire les frais généraux de 30 %, ce qui pourrait entraîner la perte de 8 000 emplois.

Des voyages à forfait réduits

TUI a déclaré mardi qu’elle ne proposera que 25% des voyages à forfait au cours du quatrième trimestre qu’elle a opéré un an auparavant. L’entreprise, qui compte sur les touristes britanniques et allemands pour remplir ses avions et ses hôtels dans des climats ensoleillés, a déclaré qu’elle allait se concentrer sur les destinations à moindre risque afin d’optimiser la rentabilité de sa zone de chalandise. Si ses perspectives pour l’année prochaine sont positives, les réservations pour l’hiver sont en baisse de 59 % par rapport aux niveaux normaux.

Ces nouvelles réductions de capacité soulignent les perspectives désastreuses de l’ensemble du secteur aérien, où les transporteurs européens ont ciblé plus de 80 000 emplois à supprimer, sans même évoquer les emplois à temps partiels qui seront mis en place. Après un été décevant, les transporteurs doivent faire face à une basse saison très difficile en hiver, certains risquant de ne pas arriver jusqu’au printemps, où les affaires reprendraient normalement. Même dans ce cas, il n’y a aucune garantie de soulagement, et le délai de mise au point d’un vaccin anti-Covid reste encore incertain.

Cette semaine encore, la Deutsche Lufthansa a accéléré les réductions de sa flotte et de son personnel, alors que la gravité du ralentissement économique suscite de plus en plus d’inquiétudes dans la chaîne de valeur du groupe aérien. Le directeur général d’Air France-KLM, Ben Smith, a également pris position, avertissant dans un entretien avec L’Opinion que d’autres réductions de coûts pourraient être nécessaires après la chute de la demande de voyages à la fin de l’été.

Tout cela a eu un effet d’entraînement sur le constructeur européen Airbus, qui compte Lufthansa et Air France-KLM parmi ses plus gros clients, et sur des fournisseurs comme Rolls-Royce Holdings. Guillaume Faury, directeur général d’Airbus, a lancé un nouvel avertissement mardi, indiquant qu’il devrait recourir à des réductions d’emplois forcées après la détérioration des perspectives de l’aviation.

Source : Bloomberg.com

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