L’industrie automobile mondiale enregistre une dette de 1 100 milliards de dollars

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Les fermetures dues à la pandémie ont frappé les constructeurs automobiles et leurs fournisseurs à un moment où les bilans financiers étaient déjà fragilisés.

La phase critique de la crise sanitaire que le monde entier subit depuis plusieurs mois semble désormais appartenir au passé et il en est de même pour les constructeurs automobiles. Cependant, la phase chronique ne fait peut-être que commencer.

Aucune faillite mais d’importantes dettes

Aucun constructeur automobile n’a fait faillite en cette période de récession et il est peu probable que certains se retrouvent dans cette situation dans les mois à venir, étant donné les fonds dont ils disposent. La combinaison de liquidités considérables provenant de la banque centrale et d’un système financier qui fonctionne bien a permis d’éviter le scénario dramatique qui a secoué le secteur en 2009.

Toutefois, il ne s’agit là que d’une bonne nouvelle ponctuelle. Davantage de trésorerie signifie également davantage de dettes à plus long terme – des dettes que les fabricants ne peuvent pas se permettre, étant donné le coût croissant engendré par les nouvelles technologies.

Le 16 juin, les constructeurs automobiles et leurs fournisseurs ont accumulé 21,7 milliards de dollars de dettes à long terme suite aux fermetures temporaires liées au COVID-19, selon les calculs de la société de conseil AlixPartners. Cette situation accroît encore le niveau d’endettement total de l’industrie, qui atteint désormais plus de 1 100 milliards de dollars, soit 3,4 fois les bénéfices avant intérêts, impôts et amortissements. À la fin de l’année dernière, ce coefficient d’endettement était légèrement plus faible et atteignait 3 fois les bénéfices avant intérêts, impôts et amortissements.

« Ce ralentissement est inhabituel car les marchés étaient ouverts et fluides. Cela réduit le risque de faillite, mais a des implications plus tard », déclare Mark Wakefield, co-responsable de la pratique automobile et industrielle chez AlixPartners.

Des investissements massifs notamment dans le secteur des véhicules électriques

Cette année, les fermetures ont gravement aggravé une tendance existante. L’effet de levier dans l’industrie automobile a augmenté régulièrement en 2018 et 2019, alors que les rendements des capitaux diminuaient. Les investissements massifs dans les nouvelles technologies, notamment dans le domaine des véhicules électriques, en sont la principale raison, même si la stagnation ou la baisse des ventes sur les trois grands marchés que sont la Chine, les États-Unis et l’Europe n’a pas aidé.

Les frais liés aux véhicules électriques sont loin d’être réglés. Avant la pandémie, les constructeurs et fournisseurs automobiles avaient engagé un total de 234 milliards de dollars dans des projets d’électrification pour une période de cinq ans débutant en 2020, selon les recherches de la société AlixPartners, ce qui équivaut à peu près à une année entière de dépenses en capitaux pour l’industrie. Certains projets seront probablement repoussés. Toutefois, les actions Tesla atteignant de nouveaux sommets et le régime strict d’émissions de l’Europe ne connaissant aucun répit, le déploiement des véhicules électriques demeure une priorité absolue.

Le problème des véhicules électriques n’est pas seulement le coût de l’investissement dans de nouvelles plateformes et de nouveaux produits. Comme le montrent les finances de Tesla, chaque unité vendue sera également moins rentable que son équivalent essence, en raison du coût encore élevé des batteries. Cela signifie que les bénéfices seront probablement soumis à une plus grande pression – et les ratios d’endettement augmenteront encore – au fur et à mesure que les véhicules électriques prendront une part plus significative des ventes de l’industrie. En Europe, les hybrides rechargeables ont représenté 6,8% des ventes du premier trimestre, contre 2,5% à la même période l’année dernière.

De nombreuses restructurations et des collaborations sans précédent

De nombreux constructeurs automobiles, tels que General Motors, BMW et Daimler, ont lancé de grands programmes de restructuration au cours des deux dernières années pour récupérer une partie des flux de trésorerie absorbés par les nouvelles technologies. Beaucoup se sont également tournés vers des niveaux de collaboration sans précédent, notamment Ford et Volkswagen, BMW et Daimler, GM et Honda et, dans une moindre mesure, Renault, Nissan et Mitsubishi. L’effondrement récent du volume des ventes confère une nouvelle urgence à ces efforts de réduction des coûts, qui s’étaleront sur plusieurs années.

Ford est le titre le plus répandu sur la plateforme de négociation Robinhood. Ceux qui parient sur une reprise automobile en forme de V ont bien réussi jusqu’à présent, mais ils ne doivent pas confondre l’année 2020 par rapport à celle de 2009. À l’époque, l’industrie, purgée par la faillite, a pris un nouveau départ. Cette fois, même le meilleur scénario de vente laissera à la société un problème de levier durable. Les investisseurs doivent connaître le moment où ils devront se retirer.

Source utilisée : WSJ.com

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