L’excédent d’épargne mondial s’élève à 5 400 Milliards de dollars en 1 an

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Les consommateurs du monde entier ont épargné à hauteur de 5 400 milliards de dollars depuis le début de la pandémie de Covid-19, laissant entrevoir une explosion des dépenses qui pourrait favoriser une forte hausse de la croissance économique cette année.

Selon Moody’s Analytics, les ménages avaient accumulé cet excédent d’épargne, égal à 6 % du PIB mondial, à la fin du mois de mars. Ces économies s’ajoutent à ce qu’ils auraient épargné si la pandémie n’avait pas eu lieu et si le comportement d’épargne avait été le même qu’en 2019, a déclaré l’économiste en chef Mark Zandi dans une note de recherche lundi.

Comment s’est construite cette épargne en pleine crise ?

En général, l’excès d’épargne est le plus élevé en Europe et en Amérique du Nord, où les mesures de confinement et les aides gouvernementales ont été les plus importantes, selon M. Zandi. De nombreux ménages plus aisés dont les capacités de dépenses n’ont pas été affectées par la pandémie ont accumulé une épargne qu’ils auraient autrement dépensée en voyages, divertissements et repas au restaurant.

Un deuxième facteur d’accumulation de l’épargne a été le soutien sans précédent des gouvernements aux travailleurs et aux entreprises. Le Fonds monétaire international a déclaré en novembre que les gouvernements et les banques centrales du monde entier avaient annoncé 19 500 milliards de dollars pour protéger leurs économies de la pire récession depuis la Grande Dépression.

Ces mesures de relance ont permis de verser des salaires et de renflouer des entreprises en difficulté, permettant ainsi à certaines personnes d’épargner malgré le marasme économique. Désormais, la levée des restrictions va libérer une importante demande refoulée grâce à cet excédent d’épargne. Les consommateurs devraient dépenser près de 2 000 milliards de dollars de cet excédent de liquidités, ce qui devrait permettre à l’économie mondiale de réaliser des gains considérables.

Comment va évoluer l’économie en 2021 ?

« Nous pensons qu’environ un tiers de l’épargne excédentaire mondiale sera dépensé cette année, ce qui ajoutera un peu plus de 2 points de pourcentage à la croissance du PIB mondial » estime Mark Zandi. Un excédent à côté duquel aucune entreprise ne souhaite passer en mettant ainsi en place des campagnes de prospection et autres outils d’acquisition pour obtenir leur « part du gâteau ». Mais attention, toutes ces dépenses supplémentaires risquent alors d’alimenter l’inflation, ce qui préoccupe de plus en plus les investisseurs et les économistes car cela pourrait obliger les banques centrales à relever les taux d’intérêt et à réduire les achats d’actifs plus tôt que prévu.

Reste à constater la vitesse de reprise de l’économie. Les consommateurs pourraient dépenser plus ou moins que prévu, selon la rapidité avec laquelle la pandémie se résorbe. Car à l’heure actuelle, les ménages restent très prudents et consacrent encore leurs revenus aux livrets d’épargne ou aux remboursements d’emprunts.

Dans le même temps, la forte confiance des consommateurs est de bon augure pour les dépenses. Selon le Conference Board, au cours des trois premiers mois de l’année, la confiance des consommateurs dans le monde a atteint son niveau le plus élevé depuis le début des statistiques en 2005.

Un facteur limitant un boom des dépenses encore plus important est que les ménages à hauts revenus ont accumulé une grande partie de l’épargne excédentaire. Ils sont plus susceptibles de considérer cette épargne comme « une richesse plutôt qu’un revenu, et en dépenseront donc beaucoup moins, ou du moins plus lentement », craint M. Zandi.

Aux États-Unis, les personnes âgées de 55 ans et plus détiennent plus de 60 % de l’excédent d’épargne, les propriétaires en détenant 90 % et les trois quarts étant concentrés dans les ménages ayant au moins un diplôme universitaire. « Rien de tout cela n’est trop surprenant, mais cela rappelle à quel point la pandémie a été dure pour les finances des jeunes locataires qui ont souvent perdu leur emploi saisonnier au cours de la pandémie, et à quel point les propriétaires plus âgés et éduqués à haut revenu ont navigué avec grâce sur le plan financier », conclut Mark Zandi.

Source : Edition.cnn.com

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