Les transporteurs britanniques se préparent au « choc » du Brexit

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À un mois de la fin de la période de transition post-Brexit, on ne sait toujours pas exactement comment les frontières du Royaume-Uni fonctionneront en dehors de la zone économique de l’UE – le marché unique et l’union douanière.

Des perturbations difficilement évitables

Le gouvernement britannique affirme que « d’énormes progrès » ont été réalisés dans ses préparatifs, mais les entreprises qui font du commerce transfrontalier sont extrêmement inquiètes.

Duncan Buchanan, le directeur politique de l’Association des transports routiers, dit qu’il s’attend à quelque chose « entre le choc et la catastrophe ».

Et le National Audit Office a récemment déclaré que, malgré les progrès réalisés par les ministères, il est toujours probable que des perturbations généralisées se produisent à partir du 1er janvier 2021, avec des risques importants liés à l’Irlande du Nord.

Quoi qu’il en soit, de grands changements vont se produire aux frontières britanniques, qu’un accord commercial post-Brexit soit conclu ou non avec l’UE dans les jours et les semaines à venir. Cet accord supprimerait la nécessité de payer des droits de douane (ou des taxes) sur les marchandises qui franchissent les frontières et ainsi éviterait aux exportateurs de devoir choisir entre une augmentation de leurs tarifs ou une réduction de leur marge commerciale.

Pour le moment, à partir du 1er janvier, les marchandises entrant dans l’UE en provenance de Grande-Bretagne (Angleterre, Écosse et Pays de Galles, l’Irlande du Nord étant un cas particulier) devront faire face à de nombreuses nouvelles formalités administratives et à de nombreux contrôles.

Il s’agit notamment des déclarations en douane, des contrôles des règles d’origine, des certificats de sécurité des produits, des inspections alimentaires, etc.

Les transporteurs devront également s’assurer qu’ils disposent des bons documents de transport avant de se rendre dans les ports frontaliers. Tant de règles qui sont susceptibles de freiner le développement commercial des sociétés exportatrices britanniques cers l’Union Européenne.

Une attention particulière est accordée à ce que l’on appelle le court détroit entre Douvres et Calais, et le tunnel sous la Manche tout proche qui, ensemble, traitent environ quatre millions de camions par an.

L’été dernier, le gouvernement a décidé de ne pas demander de prolongation de la période de transition, malgré les craintes de perturbation. Mais en réponse à l’impact dévastateur de la crise Covid sur la plupart des entreprises, il a choisi de retarder de six mois l’imposition de contrôles complets sur les marchandises entrant en Grande-Bretagne en provenance de l’UE. Des contrôles seront donc effectués à partir du 1er janvier sur les substances régulées telles que l’alcool et le tabac, et les opérateurs considérés comme présentant un risque seront également invités à remplir des déclarations en douane. Cependant, la majorité des contrôles seront reportés au 1er juillet, délai qui pourrait en théorie être prolongé. Le gouvernement espère que le retard pris dans l’imposition de la plupart des contrôles à l’importation contribuera à limiter les perturbations.

De lourdes contraintes administratives

Le report des contrôles ne résout pas pour autant le problème des milliers de camions qui traversent la Manche chaque semaine. Il n’est pas évident de savoir dans quelle mesure ils sont bien préparés à un nouveau système d’import-export.

« Ce qui a été très mal compris par les différents secteurs du gouvernement, c’est l’ampleur de la complexité de la paperasserie pour les personnes sur le terrain », explique Duncan Buchanan. Cela pourrait signifier qu’au lieu de faire la queue sur les autoroutes, de nombreux commerçants ne pourront même pas quitter leurs dépôts.

« Soit ils ne pourront pas faire signer leurs exportations de viande par des vétérinaires, soit ils ne pourront pas obtenir leur permis parce qu’ils n’ont pas les bons bouts de papier », explique Shane Brennan, directeur général de la Fédération des entrepôts frigorifiques qui craint que les objectifs des entreprises du secteur soient loin d’être atteints en 2021. « Nous pourrions voir un ralentissement important des échanges commerciaux ».

Quatre-vingt-cinq pour cent du volume des échanges entre l’UE et la Grande-Bretagne est acheminé par des transporteurs européens, qui sont souvent payés non pas à l’heure, mais au kilomètre. S’ils pensent qu’il y aura trop de retards, nombreux sont ceux qui, dans le secteur, se demandent s’ils ne vont tout simplement pas venir. En brisant ainsi la chaîne d’approvisionnement d’une marchandise, c’est tous les secteurs d’activité exportateurs qui risquent de se retrouver fortement impactés.

Le gouvernement de son côté affirme que la volonté des opérateurs de faire face au nouveau système reste sa plus grande préoccupation. « Nous exhortons les propriétaires d’entreprises à faire leurs derniers préparatifs avant l’entrée en vigueur des nouvelles règles pour que le Royaume-Uni ait la frontière la plus efficace du monde d’ici 2025 ».

Source : Bbc.com

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