A court d’options, les gouvernements européens risquent de reconfiner

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La mesure drastique qu’aucun homme politique européen ne voulait prendre à nouveau est de nouveau à l’ordre du jour : le confinement.

Le président français Emmanuel Macron, dont le gouvernement a soigneusement évité de discuter publiquement d’un confinement national en raison de la récente augmentation du nombre de cas de coronavirus, a cédé vendredi, reconnaissant que le pays pourrait se diriger à nouveau vers des restrictions de circulation plus larges.

Une situation commune pour les États européens

Comme d’autres dirigeants européens, Emmanuel Macron est à court d’options. Alors que les responsables de Dublin à Prague sont aux prises avec la recrudescence de la pandémie, leurs efforts pour limiter la propagation du virus par des mesures plus douces, du port obligatoire de masques aux couvre-feux partiels, ne fonctionnent pas.

Pour l’Italien Giuseppe Conte et l’Allemande Angela Merkel, les enjeux politiques sont importants. Alors qu’ils ont été loués pour la façon dont ils ont géré la première vague, les critiques s’accumulent. Les gens en ont assez, les divisions entre les élus locaux et nationaux s’accentuent, et si un blocage prolongé est la seule solution, on leur reprochera de détruire les économies en empêchant les entreprises de travailler, de chercher à retrouver de la clientèle pour se développer et traverser cette crise, etc.

La nouvelle vague de coronavirus semble différente de la première. Le nombre de cas semble beaucoup plus élevé, la France a signalé un nombre record de nouvelles infections dimanche, mais l’augmentation des tests permet de détecter davantage de cas. En attendant, le nombre de décès, bien que beaucoup plus faible qu’au printemps, est en augmentation, tout comme le flux de patients nécessitant des soins hospitaliers.

La surprise du nombre d’infections

Les cas de coronavirus ont atteint des records dans les principales économies européennes.

Alors que les services de santé sont progressivement mis à rude épreuve, un outil brutal demeure : fermer l’économie et ordonner aux gens de rester chez eux.

« Les hommes politiques ont des décisions difficiles à prendre », a déclaré Jean-François Delfraissy, le médecin principal qui conseille le gouvernement français sur la pandémie, dans une interview accordée lundi à la radio RTL. « Cette deuxième vague va probablement être pire que la première. Elle balaie toute l’Europe ».

Une certaine opposition de la population à l’idée d’un confinement

Ayant déjà été soumis à un confinement au printemps, de nombreux Européens s’opposent fermement à un deuxième confinement. Des manifestants dans des villes comme Londres, Naples et Berli, fortement composés de millenials, ont défilé ce week-end contre la « tyrannie » pandémique. En Italie, certaines salles de sport et cinémas ont déclaré qu’ils n’obéiraient pas aux ordres de fermeture, en mettant en avant une argumentation commerciale de survie.

Pour aggraver les choses, même des mesures drastiques n’apporteront pas de soulagement immédiat. Malgré les appels à une fermeture stricte de deux semaines au Royaume-Uni, un examen des données du printemps montre qu’il a fallu environ quatre semaines pour que l’ordre de rester à la maison du 23 mars commence à avoir un effet.

En France, le nombre de patients hospitalisés n’a cessé d’augmenter pendant près d’un mois après la mise en place d’une mesure de confinement national le 17 mars. Après cela, il n’a diminué que lentement.

« C’est un moment dangereux pour de nombreux pays de l’hémisphère nord », a déclaré dimanche Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, lors d’une conférence sur la santé. « Mais nous avons vu à maintes reprises que prendre rapidement les bonnes mesures permet de gérer l’épidémie ».

Des prises de positions strictes

Certains gouvernements sont prêts à adopter des mesures plus sévères. La Belgique envisage un confinement. La Pologne et la République tchèque, le pays le plus touché d’Europe, ont indiqué que d’autres mesures de lutte pourraient être prises. De son côté, l’Irlande a fermé son économie pendant six semaines.

La chancelière allemande Merkel, qui a récemment appelé à une plus grande urgence dans la lutte contre la pandémie, a avancé de deux jours à mercredi une réunion avec les chefs d’État pour discuter des prochaines étapes et notamment définir un semblant de lettre de motivation justifiant de nouvelles mesures à faire accepter à ses citoyens.

En Espagne, le gouvernement central a annoncé son intention de donner aux régions du pays des pouvoirs étendus pour déclarer des fermetures, des restrictions de mouvement et des couvre-feux. Cette mesure vise à déléguer certaines mesures impopulaires aux autorités locales et à éviter les réactions de rejet contre les décrets nationaux, comme cela s’est produit plus tôt dans l’année.

Source : Bloomberg.com

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