Les entreprises européennes perdent l’espoir d’un accord de Brexit viable

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L’anxiété s’empare des dirigeants, car le temps et la confiance manquent pour conclure un accord entre le Royaume-Uni et l’UE.

Lors d’un événement organisé par le conseil économique du parti au pouvoir de la chancelière Angela Merkel, les implications du Brexit étaient familières dans un pays qui envoie plus de marchandises au Royaume-Uni que tout autre exportateur : droits de douane, blocages logistiques et perturbations des approvisionnements.

Mais le sentiment d’urgence reflétait la réalité qui se dessinait dans les salles de conseil du continent, dans les grandes entreprises comme le constructeur automobile BMW, et la société danoise Arla Foods, ou encore dans liste des petites entreprises prospectant commercialement régulièrement sur le territoire britannique, alors que les négociations sur un accord commercial entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne s’annonçaient critiques.

Plus de sursis envisageable

Pendant quatre années de querelles politiques, il y a eu de nombreux sursis de dernière minute pour le genre de bouleversements qu’un accord sans lendemain entraînerait. Ce qui est devenu clair pour de nombreux chefs d’entreprise, c’est qu’ils ne peuvent pas espérer que cela se reproduise après que le Royaume-Uni a déclaré qu’il violerait le droit international en revenant sur une partie de l’accord de retrait signé en janvier.

Bien qu’un accord puisse encore être conclu, les entreprises se préparent à ce que beaucoup considèrent maintenant comme leur scénario de base, en stockant des entrepôts et en dépoussiérant des plans d’urgence dont elles espéraient ne jamais avoir besoin dans leur business model.

BMW, le fabricant de voitures Mini et Rolls-Royce, a élaboré des plans pour garantir l’approvisionnement de son usine Mini à Oxford, où quelque 120 camions arrivent chaque jour, transportant des pièces détachées de 400 entreprises européennes afin d’éviter que ses marges commerciales soient attaquées par d’éventuels coûts non présents jusqu’ici, tels que des frais de douanes et d’importation / exportation.

L’avionneur Airbus, qui s’appuie sur une circulation fluide des marchandises entre ses sites en France, en Allemagne, en Espagne et au Royaume-Uni, a repris ses réunions hebdomadaires de gestion de crise Brexit après avoir déjà dépensé des dizaines de millions d’euros pour constituer un stock tampon afin d’éviter les pénuries.

Dans le secteur financier, la société française BNP Paribas se penche sur la gestion de ses ressources humaines et déplace certains de ses postes de vente du Royaume-Uni vers le continent, car ces employés ne pourront plus vendre de services aux clients de l’UE. Les banques britanniques informent certains clients basés dans l’UE que leurs comptes seront fermés et leurs cartes de crédit annulées.

Arla Foods, le plus grand producteur de produits laitiers d’Europe du Nord, s’inquiète de devoir assumer 100 millions d’euros de pertes si un accord commercial reste insaisissable. Lors d’une réunion à Copenhague le 15 septembre, les dirigeants de l’entreprise danoise ont fait pression sur le ministre des affaires étrangères, Jeppe Kofod, pour qu’il redouble d’efforts afin de parvenir à un accord.

« Il est très inquiétant qu’avec le peu de temps qu’il reste, les négociations semblent être au point mort et la confiance s’érode », a déclaré Peter Giortz-Carlsen, vice-président exécutif d’Arla pour l’Europe. « Nous nous préparons au pire. »

Deux semaines pour raviver une flamme, qui semble déjà éteinte

Le Brexit est peut-être un spectacle secondaire pour les politiciens du continent à l’époque de Covid-19, mais les cadres sont maintenant poussés en première ligne alors qu’ils essaient également de faire face au choc de la pandémie sur leurs industries.

Les négociateurs du Royaume-Uni et de l’UE se rencontrent pour leur dernière série de négociations à Bruxelles la semaine prochaine afin de traiter la majorité des objections prioritaires. Les désaccords se poursuivent sur des questions clés, notamment les droits de pêche dans les eaux britanniques et les règles relatives aux aides d’État, et les fonctionnaires ne s’attendent pas à une avancée. Il reste donc deux semaines pour trouver un accord avant l’échéance du 15 octobre imposée par le Premier ministre Boris Johnson.

Source : Bloomberg.com

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