Les Américains accentuent la crise économique actuelle en réduisant leurs dépenses et en épargnant davantage

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Les Américains réduisent leurs dépenses, accumulent de l’argent et diminuent leurs dettes de cartes de crédit, craignant de perdre leur emploi suite au COVID-19.

Aux Etats-Unis, les dettes de cartes de crédit ont soudainement chuté à un niveau qui n’avait pas été égalé depuis plus de 30 ans. Dans le même temps, les taux d’épargne ont atteint des niveaux records, une première depuis que Ronald Reagan est à la Maison Blanche.

Ces changements spectaculaires dans le comportement des consommateurs reflètent les bouleversements sans précédent de l’économie américaine causés par la pandémie actuellement. Bien que la prudence soit une réponse logique à cette incertitude, le repli sur soi constitue également un risque pour la reprise dans une économie dominée par les dépenses de consommation. Une reprise dite en « V » ne peut pas se produire si les consommateurs continuent à épargner autant.

Depuis la mi-mars, plus de 33 millions d’Américains ont déposé des demandes initiales de prestations de chômage pour s’assurer un complément de revenu, et les économistes avertissent que le marché de l’emploi ne retrouvera pas son niveau d’avant la crise avant des années.

« Les consommateurs sont très prudents […] Nous sommes en plein milieu de la tempête. », a déclaré Russell Price, économiste en chef d’Ameriprise Financial.

Incertitude et peur

Le taux de chômage a atteint 14,7 % en avril (soit le taux le plus élevé depuis la Grande Dépression) et les Américains se préparent à des temps plus difficiles.

La probabilité perçue de perdre son emploi au cours des 12 prochains mois a grimpé à près de 21 % en avril, selon une enquête de la Réserve fédérale de New York publiée lundi. C’est le deuxième mois consécutif où ce chiffre constitue un nouveau record pour cette enquête, que la Réserve fédérale de New York a lancée en 2013.

Les travailleurs s’inquiètent également de la façon dont ils trouveront un autre emploi s’ils perdent le leur. La probabilité perçue de trouver un emploi au cours des trois prochains mois a chuté de 6,1 % pour atteindre 47 % en avril, la plus forte baisse mensuelle jamais enregistrée.

L’enquête a décrit des « détériorations considérables » dans les attentes des ménages, notamment des creux records en ce qui concerne la croissance des revenus, des recettes et des dépenses.

« Nous savons que le COVID-19 n’a pas disparu […] Cela va maintenir en place un élément d’incertitude et de peur et freiner la capacité ou le désir de dépenser des consommateurs », a déclaré Danielle DiMartino Booth, PDG de Quill Intelligence.

La dette des cartes de crédit s’effondre

Les Américains inquiets réduisent de façon drastique leur dette de carte de crédit, la forme d’emprunt la plus coûteuse.

En mars, l’encours des crédits renouvelables s’est effondré à un taux annuel de 31 %, selon un rapport de la Réserve fédérale publié la semaine dernière. Il s’agit de la plus forte baisse sur un mois depuis janvier 1989.

Selon les économistes, une partie de cette baisse est due au fait que les banques ont réduit leurs lignes de crédits alors que de plus en plus de personnes se retrouvent au chômage, ce qui leur porte naturellement préjudice. Mais les consommateurs deviennent également plus économes et limitent leurs emprunts au cas où leurs revenus seraient amenés à être réduits.

« Les gens ont sérieusement réduit leurs dépenses. Il faut se demander quand ils se sentiront à l’aise pour faire des folies, a déclaré Danielle DiMartino Booth.

Comment relancer l’économie ?

Bien que les changements de comportement des consommateurs soient rationnels, ils indiquent des défis à plus long terme pour une économie dominée par les dépenses de consommation, qui représentent plus des deux tiers du PIB américain.

De ce fait, il n’est pas aisé de mettre en place une argumentation suffisamment efficace pour maintenir la confiance des clients face à la réouverture de l’économie.

Les économistes avertissent que même en supprimant la part dédiée aux achats de produits de consommation et de prestations de services les plus courants, de nombreux Américains ne dépenseront plus autant qu’avant tant qu’il n’y aura pas de vaccin. Ce n’est pas aussi simple que de relancer l’économie.

De nombreux consommateurs, en particulier les personnes âgées et les personnes souffrant de maladies graves, se méfieront probablement des foules dans un avenir prévisible. Cela confirme que l’économie ne peut pas être rallumée tel un interrupteur.

« Même si vous êtes multimillionnaire, vous allez être beaucoup plus réticent à aller au restaurant, aux matchs de base-ball et à prendre l’avion », a déclaré Russelle Price.

Source utilisée : CNN.com

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