L’effondrement du tourisme creuse les inégalités entre les pays

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L’effondrement du tourisme international dû à la pandémie de coronavirus pourrait coûter à l’économie mondiale jusqu’à 2 400 milliards de dollars cette année, car le déploiement inégal des vaccins dévaste les pays en développement qui dépendent fortement des visiteurs étrangers.

Dans un rapport publié mercredi, la Conférence des Nations Unies sur le Commerce Et le Développement (CNUCED) indique que même si une plus grande partie de la population mondiale est vaccinée, l’impact macroéconomique de la pandémie sur le tourisme s’avère plus grave que les prévisions les plus pessimistes faites il y a douze mois.

Les pays en développement plus durement touchés

L’étude souligne combien l’inégalité des vaccins sera coûteuse pour l’économie mondiale, les pertes touristiques pour cette seule année s’élevant entre 1 700 et 2 400 milliards de dollars, malgré un rebond attendu des voyages dans des pays comme la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis.

Les économies en développement pourraient représenter jusqu’à 60 % des pertes du PIB mondial, soit jusqu’à 1 400 milliards de dollars cette année, selon le rapport, qui a été rédigé en collaboration avec l’Organisation mondiale du tourisme des Nations unies (OMT).

L’analyse tient compte des pertes subies par les industries qui fournissent des aliments, des boissons, des hébergements et des transports au secteur du tourisme, mais ne tient pas compte des mesures de relance économique qui pourraient atténuer l’impact de la pandémie.

« Les pays en développement ont supporté le plus gros de l’impact de la pandémie sur le tourisme », a déclaré la CNUCED dans un communiqué. « Ils ont subi les plus fortes réductions des arrivées de touristes en 2020, estimées entre 60 % et 80 %. »

Ces destinations sont souvent les points de destination privilégiés des digital nomades qui travaillent à distance mais qui se voient contraints de rester dans leur pays d’origine à cause des restrictions actuelles.

Malgré l’assouplissement des fermetures et une reprise des voyages dans certaines régions du monde, la crise du tourisme est loin d’être terminée. La moitié des experts interrogés par l’OMT considèrent que le tourisme international ne retrouvera son niveau de 2019 qu’en 2024 ou plus tard.

Même dans les pays où les taux de vaccination sont élevés, comme le Royaume-Uni, les restrictions de voyage restent en place en raison des craintes d’un pic de cas dû à la variante Delta, hautement transmissible. Pour les pays où le nombre de personnes vaccinées est nettement inférieur, les perspectives sont bien pires.

Les inégalités de distribution du vaccin créent un déséquilibre

La CNUCED prévoit une réduction de 75 % des arrivées de touristes dans les pays à faible taux de vaccination cette année, contre 37 % dans les pays dont plus de 50 % de la population est vaccinée.

Des pays comme la Turquie, l’Équateur et l’Afrique du Sud, ainsi que des îles comme les Maldives et Sainte-Lucie, subiront le plus gros de l’impact. De grandes parties de l’Asie et de l’Océanie sont également très touchées, tandis que l’Amérique du Nord, l’Europe occidentale et les Caraïbes sont les moins affectées, selon le rapport.

Dans l’ensemble, l’effondrement du tourisme devrait entraîner une augmentation de 5,5 % du chômage pour la main-d’œuvre non qualifiée en moyenne. Avec des milliers d’entreprises qui risquent de fermer leurs portes définitivement, l’OMT estime qu’entre 100 et 120 millions d’emplois directs dans le tourisme sont en jeu, dont beaucoup appartiennent à des jeunes, des femmes et des travailleurs informels. Ces travailleurs sont donc menacés de devoir se tourner vers des secteurs d’activité plus sûrs pour continuer à vivre décemment.

Le principal obstacle à la reprise du tourisme est la disponibilité inégale des vaccins et le faible nombre de personnes vaccinées dans de nombreux pays, selon le rapport. Les restrictions aux voyages, la lenteur de l’endiguement du virus, la confiance des voyageurs et un environnement économique médiocre constituent également des obstacles.

Pour inciter les gens à voyager à nouveau, le rapport indique que les pays devraient mieux coordonner les conditions de voyage et faciliter les déplacements, par exemple en convenant de normes communes pour des tests de dépistage du coronavirus fiables et bon marché.

Source : Edition.cnn.com

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