Le gel de printemps détruit les récoltes fruitières en France

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Les fortes gelées qui se sont abattues sur la France cette semaine ont gravement endommagé les bourgeons et les fleurs des vignobles et des vergers et réduiront les récoltes de raisin dans certaines régions jusqu’à 90 %, selon les producteurs et les organisations agricoles. 

Des températures en forte baisse ces derniers jours

« C’était comme si l’hiver arrivait au printemps », a déclaré Didier Delagrange, dont la famille produit du vin à partir de raisins cultivés sur les pentes de Volnay en Bourgogne depuis sept générations.  « Les dégâts ont été considérables, mais nous ne les avons pas encore totalement évalués », a-t-il ajouté. Le chardonnay a été plus touché car les pousses étaient plus avancées. Environ la moitié des vignes en Bourgogne ont été endommagées, selon les producteurs locaux.  À Chablis, au nord, le viticulteur Thierry Mothe a déclaré que la température était descendue jusqu’à -7C, et que 90 à 95 % de la récolte potentielle serait perdue. Une perte inévitable malgré les compétences de ces viticulteurs d’expérience « Il y aura très peu de récolte en 2021 », a-t-il déploré.

Après une série d’autres problèmes, notamment les droits de douane américains sur les importations de vin liés à une guerre commerciale avec l’Union Européenne et la fermeture de nombreux restaurants et bars dans le monde en raison de la pandémie de Covid-19. « Il y a aujourd’hui des domaines qui vont connaître de très graves difficultés », craint M. Mothe.

Même la région bordelaise, pourtant dans le sud-ouest de la France, a été touchée par les gelées, qui ont également endommagé la croissance des arbres fruitiers tels que les abricots, les pêches et les nectarines, ainsi que les cultures de plein champ comme le colza et la betterave sucrière. L’impact a été particulièrement sévère car le gel a suivi plusieurs jours de temps chaud qui ont accéléré la croissance des plantes.

Des moyens sont mis en œuvre pour contrer le gel destructeur

Julien Denormandie, ministre de l’agriculture, a déclaré que l’état de calamité agricole serait déclaré afin de mobiliser des aides financières pour les agriculteurs. « C’est une situation tout à fait exceptionnelle », a-t-il déclaré sur la radio Franceinfo. « Les pertes sont considérables ». Le CNIV, une association de professionnels qui représente les producteurs de vin, a qualifié la catastrophe « d’une des pires de ces dernières décennies ». 

Cette détresse a été illustrée cette semaine par des photos nocturnes sinistres de braseros fumants illuminant les vignobles à travers le pays, les viticulteurs cherchant à réchauffer l’air et à limiter les dommages à leurs cultures, mais la méthode est coûteuse en plus d’être trop peu efficace pour contrer un gel de cette ampleur.  M. Delagrange a déclaré qu’il aurait eu besoin de 4 500 chauffages alimentés à la paraffine pour couvrir l’ensemble de ses 15 hectares, soit un coût de près de 50 000 € pour les deux pires nuits, et que les viticulteurs pouvaient se permettre de ne protéger que les vignes de leurs meilleurs vins, afin de maximiser tant soit peu leur résultat financier suite à ce phénomène climatique.

« Dans de nombreuses régions, du nord au sud et d’est en ouest, les dégâts sont importants pour les viticulteurs et les arboriculteurs », a constaté la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles dans un communiqué. « La détresse est également grande pour les exploitations de grandes cultures. L’impact sur le colza, juste au moment de sa floraison, est dramatique, tout comme pour les semis de betteraves à sucre : de nombreux petits travailleurs indépendants devront replanter plus de la moitié de leurs cultures. »

Les gelées tardives ne sont pas sans précédent, mais de nombreux agriculteurs français accusent le réchauffement climatique d’être responsable de certaines des conditions météorologiques erratiques qu’ils ont subies ces dernières années, notamment les sécheresses et les inondations.  Des hivers plus courts, des températures estivales plus élevées et une maturation plus rapide modifient le caractère des millésimes de vins français, et les raisins sont désormais récoltés jusqu’à trois semaines plus tôt qu’il y a seulement quelques décennies.

Source : FT.com

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