Le décès de George Floyd rappelle des tensions antérieures et des promesses de changement économique

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En 2015, la mort de Jamar Clark tué par la police de Minneapolis avait soulevé de multiples débats sur la discrimination raciale et économique, débats qui avaient remis en question l’image et le progrès mis en avant par la ville et conduit les dirigeants des entreprises locales à soutenir les efforts visant à mieux partager les richesses de cet État du Midwest en plein développement et à soutenir une politique de ressources humaines plus juste.

Quelques années plus tard, l’assassinat de George Floyd relance ces mêmes débats et a notamment révélé une crainte de plus en plus présente au niveau national : la croissance économique interne de ces dernières années a permis d’aider les foyers à faibles revenus, mais toute volonté de réduire durablement les écarts économiques a peut-être été court-circuité par le COVID-19 et la crise économique associée.

Une colère jusqu’ici contenu et désormais exposée au grand jour

La mort de George Floyd suite à une arrestation à Minneapolis la semaine passée a dynamisé une colère provoquant de multiples protestations dans tout le pays. En réalité, il s’agit de la troisième polémique similaire sur ces derniers mois, a déclaré Tawanna Black, directrice générale du Center for Economic Inclusion (CEI) du Minnesota, un groupe qui s’est développé commercialement à partir des promesses faites par les entreprises en 2015.

Avant la montée en flèche du chômage, « nous avons vu le fossé de l’emploi se combler rapidement […] vous mettiez les gens en contact avec des emplois mal payés, et maintenant vous les avez déplacés. … Ce que j’espère, c’est que nous ne nous contenterons pas de résoudre les problèmes de justice pénale, mais que nous trouverons ce qu’il faut pour obtenir la justice économique et sociale », a déclaré Mme Black.

L’augmentation du revenu médian par foyer a finalement débuté en 2015, mais le revenu médian par foyer Afro-Américain stagne à 61 % de celui des Euro-Américains.

Les écarts entre les communautés persistent

La reprise économique, qui a duré dix ans, s’est achevée en mars, avec l’espoir que les États-Unis entrent dans une phase où les disparités raciales en matière de richesse et de revenus pourraient commencer à se résorber. Ce n’est pas le cas jusqu’à présent.

Le décès de George Floyd rappelle des tensions antérieures et des promesses de changement économique
Schéma n°1 : Part de la richesse des ménages en 1990 et en 2019 – Schéma n°2 : Pourcentage d’emplois perdus de Février à Avril 2020

Pas de progrès

Les hispaniques et les Afro-Américains ont subi un choc violent en raison des licenciements découlant des fermetures de sociétés pour tenter de contrôler le coronavirus et de l’effondrement de la demande des consommateurs qui se sont confinés à leur domicile.

Selon les données fédérales des 4 premiers mois de cette année, l’emploi des Hispaniques a diminué de 25 %. Du côté des Afro-Américains, la statistique était de 17,6 %, certes plus faible mais toujours supérieure aux 15,5 % pour les Euro-Américains.

Un constat général dans l’ensemble du pays

Le constat est le même au Minnesota et dans des zones du Sud profond, selon une étude comparative menée par Reuters sur des données fédérales traitant le sujet de l’emploi de chaque communauté.

Les Afro-Américains rassemblent 5,7 % de la population active du Minnesota pour l’année passée, mais aussi un peu plus de 8 % de ceux derrières les demandes d’allocations chômage au cours du mois avril.

Les zones rurales de l’État ont majoritairement voté en 2016 en faveur de Donald Trump, alors que le reste de l’État s’est prononcé en faveur d’Hillary Clinton, bénéficiant du soutien puissant de la région de Minneapolis.

La capitale de l’État est aussi le domicile de grandes entreprises américaines, dont la plupart sont des enseignes considérables telles que Target, notamment réputée pour leur civisme et leur participation aux évolutions sociétales, comme cela est le cas de la CEI Black.

Le regard tourné vers l’avenir et les éventuelles décisions à venir

La problématique centrale est désormais de connaître si la rupture provoquée par le COVID-19, la montée du chômage et le décès de George Floyd sont la base d’un changement profond et durable.

Les entreprises joueront un rôle central dans la définition du rythme de la reprise économique et de la nature des emplois que les travailleurs réussiront à trouver au sein du type d’économie qui en résultera.

La dernière relance économique ayant que très peu influencé la dynamique des richesses et des profits, et le coronavirus ayant montré les discriminations entre les travailleurs épargnés par la crise et ceux qui ne l’ont pas été, Mme. Black a ainsi affirmé qu’il fallait repenser la nature du marché du travail qui se dessine à l’horizon.

Beaucoup d’emplois « ne reviendront pas ». « Est-ce que nous formons les gens pour les emplois technologiques ? Des emplois qui résistent à l’automatisation ?». Au cours de la dernière décennie, « nous n’avons fait aucun progrès » a-t-elle déclarée.

Source utilisée : Reuters.com

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