Le capital numérique, principal atout des géants technologiques

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Qu’est-ce qui a provoqué l’émergence de géants technologiques qui dominent leur secteur ? Il s’avère que les grandes entreprises ont une chose en commun : elles n’hésitent pas à dépenser leurs moyens pour utiliser les technologies de l’information à des fins productives. Une nouvelle étude du Hutchins Center on Fiscal and Monetary Policy de Brookings montre qu’elles investissent beaucoup plus dans le capital numérique que les autres entreprises. Cette constatation permet d’expliquer les différences croissantes de part de marché et de productivité des entreprises, et soulève la question de savoir comment quantifier précisément la valeur ajoutée de tels investissements.

Des investissements payants dans les actifs incorporels

Il devenait déjà évident, grâce aux travaux antérieurs du cabinet McKinsey, que les grandes entreprises dépensent beaucoup plus en actifs incorporels. « Une caractéristique clé des entreprises superstar est leur investissement dans les actifs incorporels, tels que les logiciels, la gestion des données, les marques, les contrats avec les clients, les partenariats de la chaîne d’approvisionnement et même la formation », selon McKinsey & Company. « Les dépenses capitalisées sur les actifs incorporels représentent un tiers du capital investi des superstars, soit quatre fois la part des entreprises du dernier décile ».

La nouvelle analyse du Centre Hutchins, menée par une équipe d’économistes du MIT et de l’Université de Pennsylvanie, approfondit les ressources nécessaires pour rendre les technologies de l’information efficaces. Toute personne ayant travaillé dans une entreprise sait que les dépenses pour un nouveau système informatique ou un nouveau logiciel doivent s’inscrire dans une stratégie de fonctionnement globale de l’entreprise. Les chercheurs appellent capital numérique les dépenses supplémentaires nécessaires au bon fonctionnement des investissements dans les technologies de l’information, par exemple pour la formation des employés et l’amélioration des processus d’entreprise. Ces coûts sont souvent beaucoup plus importants que l’informatique elle-même.

Pourtant, ce type de dépenses est souvent mal mesuré puisqu’il est généralement classé comme une dépense courante plutôt que comme un investissement. Les chercheurs ont constaté que l’investissement en capital numérique varie considérablement d’une entreprise à l’autre et contribue à expliquer les disparités du marché. Les entreprises qui ont su se développer sont celles qui se sont démarquées dans leurs choix d’investissements. Les chercheurs ont constaté que les dépenses d’investissement numérique mettent souvent deux à trois ans à se manifester en termes de productivité. De plus, ces actifs incorporels expliquent deux fois plus la variation des taux de croissance entre les entreprises que les dépenses informatiques elles-mêmes.

Conclusion de l’étude : Les enseignements à retenir

« Nous constatons une hétérogénéité frappante entre les entreprises en ce qui concerne la valeur du capital numérique, la majeure partie de la valeur étant concentrée dans un petit groupe d’entreprises superstar dont la valeur marchande se situe dans le décile supérieur. L’inégalité du capital numérique entre les entreprises s’accentue à mesure que les premières investissent toujours plus que les autres. Ces résultats sont cohérents avec l’importance que les entreprises à forte intensité technologique accordent aux investissements dans la formation, la montée en compétences et le suivi de l’évolution des outils technologiques ».

Ce dernier compte-rendu apporte des informations intéressantes sur le sujet. Premièrement, cette mesure du capital numérique, bien qu’imparfaite, contribue à expliquer l’hétérogénéité du marché. Et cela suggère que cet important type de capital immatériel devrait être bien plus souvent pris en compte dans la stratégie de développement d’une entreprise. Mais cela passe d’abord par la mise en place d’outils efficaces pour mesurer l’efficacité de telles mesures. Deuxièmement, et de manière plus générale, les données disponibles à ce jour suggèrent que la qualité de la gestion joue un rôle crucial. Les entreprises qui savent investir dans les actifs intangibles comme les compétences informatiques associées aux outils à disposition.

Source : Bloomberg.com

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