La technologie peut-elle nuire à la productivité ?

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Un des faits marquants de l’histoire économique est que, au fil du temps, les humains ont été capables de produire beaucoup plus de biens et de services, quels qu’ils soient. Dans « La richesse des nations », Adam Smith ne doutait pas que le fondement de cette croissance économique vertigineuse était la spécialisation, grâce à la division du travail. Pourtant, une grande partie du travail de connaissance moderne n’est pas du tout spécialisée. Cela pourrait-il expliquer pourquoi nous semblons tous travailler si dur tout en nous inquiétant de faire si peu ?

Se spécialiser apporte un gain de productivité

Pourquoi la division du travail améliore-t-elle la productivité ? Smith souligne trois avantages : les travailleurs perfectionnent des compétences spécifiques ; ils évitent le retard et la distraction que représente le passage d’une tâche à une autre ; et ils utilisent ou même inventent des équipements spécialisés. 

Le travailleur moderne s’intègre mal dans ce tableau. La plupart d’entre nous n’utilisent pas de matériel spécialisé : nous utilisons des ordinateurs capables de faire toutes les tâches nécessaires, de la comptabilité à la messagerie instantanée en passant par le montage vidéo. Et si certains emplois de bureau ont un flux de production clair, ce n’est pas le cas de beaucoup d’entre eux. C’est pourquoi il peut être judicieux pour une société de penser à confier une partie de sa production à une entreprise spécialisée.

Le travail de bureau devient de plus en plus généraliste. Aujourd’hui, tout le monde ou presque sait utiliser un ordinateur, et nombreux sont ceux qui établissent leurs propres notes de frais, conçoivent leurs propres présentations et gèrent leurs propres agendas. Tout cela a été rendu possible par des logiciels de travail de plus en plus performants et simples d’utilisation.

Une trop grande polyvalence limite l’efficacité

En 1992, l’économiste Peter Sassone a publié une étude sur le flux de travail dans les bureaux de grandes entreprises. Il a constaté que plus une personne était haut placée, plus elle était susceptible de faire un peu de tout. Sassone a appelé cela « la loi de la spécialisation décroissante ». Cette loi est certainement plus forte aujourd’hui.

S’agit-il d’un véritable problème ? Probablement. En examinant les études scientifiques de gestion du début du 20e siècle, l’économiste Cal Newport démontre que les fabricants ont analysé et corrigé leurs processus sans but précis il y a un siècle. Les gains ont été spectaculaires. La productivité a grimpé en flèche. M. Newport affirme que le travail intellectuel aurait dû être repensé par le biais d’une hiérarchisation des tâches depuis longtemps.

Au lieu de cela, dans bon nombre d’entreprises le travail de bureau est attribué et classé par ordre de priorité en fonction d’une demande expresse d’un collègue, qui dans une hiérarchie globale n’était finalement pas si importante. Certaines dispositions, comme la production d’un journal quotidien, ont développé un flux de travail clair qui ne dépend pas des demandes baisées par la perception de l’instant. M. Newport affirme que les dirigeants devraient protéger les spécialistes contre les distractions pour les laisser exercer dans leur domaine de compétence afin d’exploiter au maximum leur niveau d’expertise. 

Pourtant, transformer le bureau en une autre chaîne de montage n’a rien d’amusant. Adam Smith lui-même craignait qu’une spécialisation simple et répétitive ne conduise un travailleur à devenir « aussi stupide et ignorant qu’il est possible pour une créature humaine de le devenir ». Dans une usine d’épingles du XVIIIe siècle, peut-être, mais moins pour le travail de la connaissance d’aujourd’hui où il est plus simple de s’épanouir professionnellement, même en se spécialisant. Un passage très différent de « La richesse des nations » est plus proche de la réalité : « Les hommes ont beaucoup plus de chances de découvrir des méthodes plus faciles et plus rapides pour atteindre un objectif, lorsque toute l’attention de leur esprit est dirigée vers cet objectif unique, que lorsqu’elle est dissipée. »

Source : FT.com

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