La Californie légifère : UBER va probablement devoir salarier ses chauffeurs

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C’est presque définitivement acté, UBER, l’entreprise derrière le modèle de l’ubérisation, doit considérer dès à présent ses chauffeurs californiens comme de véritables employés. Cela suite à un projet de loi adopté mardi, une décision qui risque d’avoir une portée considérable dans le monde entier.

Dans le projet de loi qui a tout juste été adopté par l’assemblée californienne, et qui entrera en application début 2020, les conducteurs VTC qui travaillent pour des plateformes telles qu’UBER et LYFT, en tant que travailleurs indépendants, devront dès 2020 être considérés comme de véritables salariés de ces sociétés. Du moins à partir du moment où il s’agit d’une activité principale ou régulière pour gagner de l’argent.

Une telle mise à jour leur garantira l’accès à la protection sociale qui leur été jusqu’ici amputée. Cela concerne notamment le chômage, la protection maladie, la retraire, le salaire de base, la durée légale de travail, etc.

Comme l’a déclaré Lorena Gonzalez, la députée démocrate à l’origine de ce projet de loi : « En tant que législateurs, nous ne permettrons pas aux entreprises qui profitent des failles du système en toute bonne conscience de continuer sur ce chemin et de faire des économies de masse, le tout sur le dos des contribuables et des travailleurs ».

Elle a également précisé dans un communiqué : « C’est à nous de faire notre travail et de nous préoccuper de la situation et de l’avenir des hommes et femmes qui travaillent, plutôt que de Wall Street et de leurs fructueuses introductions en bourse ».

Une telle décision n’est pas réellement une surprise, la pertinence économique de l’uberisation était déjà remise en question

La réaction cinglante des concernés

Face à cette décision presque historique, un des porte-paroles de Lyft (concurrent principal d’Uber sur le marché américain), Adrian Durbin, a lui aussi tenu à déclarer sur Gizmodo : « Aujourd’hui les dirigeants politiques de notre État ont raté une occasion important de soutenir l’écrasant majorité des conducteurs favorables à une solution réfléchir conciliant la flexibilité et des rémunérations et avantages encadrés par le droit du travail ».

Au-delà de la simple efficience de la stratégie d’entreprise derrière un tel modèle économique en place depuis les années 2010, la principale critique se situe au niveau du fait qu’il a considérablement affaibli le droit du travail mondial. Du côté de l’Europe, des tribunaux ont notamment considéré qu’il y avait effectivement un vrai rapport de subordination entre ces plateformes en ligne et les chauffeurs en relation avec eux. Ce qui en soi laissaient entendre qu’il était nécessaire de requalifier cette relation précisément afin qu’une certaine justice et un équilibre soient conservés.

En conclusion, l’Assemblée californienne doit tout de même finir d’examiner les amendements restants introduits par le Sénat. Suite à cela, la loi sera ensuite ratifiée par le gouverneur de l’État, Gavin Newsom, qui a déjà accordé tout son soutien à ce projet législatif.

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