La BCE rassure sur la stabilité financière post-pandémie

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La Banque centrale européenne est relativement optimiste quant aux perspectives économiques alors qu’elle se prépare à une réunion cruciale de politique monétaire le mois prochain, malgré les risques croissants pour la stabilité financière liés à la surévaluation des prix des actifs.

Gérer la diminution des mesures de soutien

Les risques pour les perspectives économiques « sont beaucoup plus équilibrés que par le passé », rassure Luis de Guindos, vice-président de la BCE, dans une interview accordée à Bloomberg. « Les vaccins gagnent du terrain partout en Europe, et nous rattrapons notre retard, nous comblons l’écart. »

Le Conseil des gouverneurs de la BCE se réunira le 10 juin pour examiner les prévisions actualisées et juger si elle doit commencer à réduire son programme d’achat d’obligations d’urgence. Les achats ont été intensifiés ce trimestre pour contrer la hausse des coûts d’emprunt due à l’accélération de la reprise aux États-Unis.

M. de Guindos a déclaré que les décideurs prendront en compte un large éventail d’incertitudes, notamment les nouvelles souches de virus et les risques pour certains marchés émergents. Il a également noté les risques croissants abordés dans une étude du marché monétaire de la BCE, qui a été publiée mercredi.

Ce rapport met en évidence les préoccupations liées au fait que le flot de mesures de relance budgétaire et monétaire nécessaires pour lutter contre la crise entraîne également de dangereux déséquilibres. Selon M. de Guindos, la BCE constate « certains segments de surévaluation », mais pas de bulle d’actifs jusqu’à présent.

Néanmoins, la BCE a averti que si d’autres surprises à la hausse de l’inflation américaine incitent les investisseurs à parier sur un resserrement monétaire plus précoce, faisant grimper les rendements obligataires sans que cela ne s’accompagne d’une amélioration de la croissance économique, « les retombées de la réévaluation du marché des actions américaines pourraient être importantes. »

La hausse des rendements ferait baisser les prix des obligations et affaiblirait les bilans des banques du continent, qui souffrent depuis longtemps d’une faible rentabilité.

Anticiper et gérer les risques

À plus long terme, M. de Guindos a déclaré que la BCE n’hésitera pas à retirer son soutien une fois la crise de la pandémie passée. « S’il y a une normalisation de la situation actuelle, si la pandémie est terminée, si la reprise économique est là et prend de l’ampleur et que l’inflation se rapproche de notre objectif, nous avons été très clairs sur le fait que notre programme d’urgence est temporaire », prévient Luis de Guindos. « Nous devrons assumer les conséquences et les décisions pour faire face à la nouvelle situation en limitant les risques pris. »

Le rapport de la BCE a également noté l’exubérance des crypto-actifs. Elle a néanmoins conclu qu’étant donné que ces actifs ne sont pas largement utilisés pour le paiement et que les banques ont une exposition limitée, les risques pour la stabilité financière semblent limités à l’heure actuelle.

La banque centrale a souligné d’autres risques auxquels l’économie est confrontée, notamment le manque de dynamisme du marché du travail et la faiblesse des investissements, qui pourraient entraîner une reprise lente. Elle a également inclus une nouvelle analyse des risques liés au climat, qui affectent une part significative des prêts bancaires aux entreprises.

Enfin, la BCE a déclaré que l’impact économique inégal de la pandémie signifie que les risques pour la stabilité financière sont susceptibles de se matérialiser dans les secteurs et les pays présentant des vulnérabilités préexistantes plus importantes.

Source : Bloomberg.com

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