En Inde, des tensions éclatent entre les agriculteurs et le gouvernement

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Ce jeudi, un quatrième rendez-vous est prévu entre des représentants du secteur agricole et ceux du gouvernement pour trouver un terrain d’entente à propos de la réforme agricole sur le point d’entrer en vigueur en Inde. Des paysans que l’on compte par dizaine de milliers ont investi les rues du pays ces derniers jours pour afficher leur mécontentement face à ces réformes. Malgré le temps glacial et la crise sanitaire actuelle, nombreux sont les manifestants qui ont convergé vers la capitale indienne pour y installer un campement et montrer leurs intentions.

Trois projets de loi au centre des tensions

Le désaccord porte sur trois projets de réformes visant à libéraliser le marché qui jusqu’alors garantissait une large protection des agriculteurs locaux. Cette libéralisation les exposerait alors à un marché de libre échange face à des concurrents bien plus imposants qu’eux.

Pour rappel, l’agriculture est actuellement la principale source de revenus pour près de 60 % de la population indienne, mais ne constitue environ que 15 % du PIB.

La première de ces lois offrirait aux agriculteurs la possibilité de proposer leurs  récoltes directement aux entreprises de vente au détail telles que les épiceries ou les supermarchés, le tout sans être exposé à des taxes supplémentaires.

Jusqu’alors, ces paysans récoltent et commercialisent la majorité de leurs produits sur les marchés contrôlés par l’État, gérés par des offices de commercialisation appelés Comité du marché des produits agricoles (Agricultural Produce Market Committee – APMC).

Bien que ce comité fût créé pour s’assurer que les agriculteurs ne soient pas lésés par des intermédiaires qui les contraindraient  à proposer leurs produits à des prix dérisoires, en réalité ces APMC  desservent souvent les intérêts des agriculteurs les moins bien pourvus, la faute à de nombreuses couches d’intermédiaires. D’après le nouveau projet de loi, les agriculteurs pourraient désormais vendre leurs récoltes aussi au niveau des marchés que directement auprès des acheteurs directs depuis leurs champs.

Le deuxième projet de loi permet aux agriculteurs d’établir une stratégie de prospection commerciale pour négocier des accords contractuels avec des acheteurs à des tarifs prédéterminés.

Enfin le dernier projet de loi vise à réduire l’implication du gouvernement central à la réglementation de l’approvisionnement de certains produits alimentaires, en ne l’autorisant à le faire que dans des circonstances exceptionnelles comme la famine ou la guerre. Cela permettra aux acheteurs de stocker et de distribuer sans aucune restriction des produits alimentaires agricoles. D’après le gouvernement, cette mesure contribuera à accroître les investissements et à moderniser la chaîne d’approvisionnement alimentaire.

Pourquoi les agriculteurs protestent

Les agriculteurs se déclarent en grande difficulté depuis de nombreuses années à cause du très faible prix proposé pour leurs récoltes, de l’augmentation régulière des frais de production et des sécheresses de plus en plus fréquentes, et ce même si le gouvernement leur accorde de généreuses subventions et des exonérations au moment de déclarer leurs impôts. Nombreux sont les agriculteurs qui se sont endettés, ce qui a eu pour conséquence une malheureuse augmentation du nombre de suicides au cours de ces dernières années.

L’une des principales inquiétudes des syndicats qui protestent est l’absence d’informations autour du prix de soutien minimum dans l’ensemble des projets de loi. Du côté des agriculteurs, on craint alors de plus en plus que l’Inde ne les supprime progressivement. Ce barème est à l’heure actuelle un matelas de sécurité garanti par le gouvernement dans l’hypothèse où les prix baisseraient durablement pour certaines cultures, en particulier le riz et le blé. Le gouvernement garantirait alors un prix minimum aux agriculteurs, quelle que soit la situation du marché, et les agences gouvernementales achèteraient certaines de ces cultures à ce prix.

L’inquiétude est donc que si cette garantie est abandonnée, les grandes entreprises pourraient stratégiquement fixer des tarifs qui empêcheraient encore plus les agriculteurs d’atteindre leurs objectifs commerciaux. Mais le gouvernement indien, y compris le Premier ministre Narendra Modi, a soutenu que les prix minimums et les marchés publics ne seraient pas éliminés. Les manifestants exigent que le gouvernement le garantisse par écrit.

Source : CNBC.com

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