Comment les galeries d’art adaptent leur offre en pleine pandémie ?

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L’art a aidé certains à traverser une année mouvementée, mais pour les créateurs eux-mêmes, ce fut une période de restrictions. Nous examinons les moyens innovants qu’ils ont adoptés pour rester à flot. Pour cela, il faut partir au Royaume-Uni où la galerie Hastings Contemporary a ouvert ses portes il y a neuf ans pour accueillir l’art contemporain britannique. Comme toutes les autres galeries d’art, elle est aujourd’hui temporairement fermée. Les expositions sont toujours là, mais les galeries sont silencieuses et immobiles. Un membre du personnel se promène parfois dans le bâtiment. Mais il y a quelque chose d’autre qui se déplace dans l’espace et se concentre sur les œuvres d’art. Il s’agit d’un robot de télé-présence.

Une solution alternative pour visiter la galerie

Les visiteurs ne peuvent actuellement pas se rendre à la galerie, c’est donc la galerie qui amène l’art aux visiteurs. « Lorsque vous devez fermer vos portes au public, c’est un désastre », déplore Liz Gilmore, directrice de la galerie. « Notre public et l’art sont le cœur de tout ce que nous faisons ».

Développé par la startup américaine Double Robotics et prêté à la galerie par le Bristol Robotics Laboratory, le robot dispose de capteurs à sa base et peut être contrôlé via un téléphone ou un ordinateur portable – permettant à un employé de la galerie, assis chez lui derrière un écran, de guider un groupe, également chez lui derrière des écrans individuels, dans l’espace d’exposition. Depuis avril 2020, dit Mme. Gilmore, ils ont donné des centaines de visites d’une demi-heure.

C’est l’une des nombreuses façons innovantes de booster votre activité en faisant face aux changements radicaux provoqués par la pandémie. Le secteur culturel a été l’un des plus durement touchés par les fermetures liées au Covid-19. L’industrie des arts et du divertissement a connu une réduction de 44,5 % de son PIB au deuxième trimestre de 2020, selon l’Office des statistiques nationales. Les institutions de toutes tailles ont souffert, tout comme les travailleurs artistiques individuels, dont beaucoup ont été licenciés, ont perdu leurs financements ou ont vu leurs revenus de freelance se tarir.

Mais leur monde fonctionne grâce à la créativité, et de nombreux artistes et organisations ont trouvé des moyens d’innover et de continuer à exister. Le robot d’Hastings Contemporary a connu un grand succès, avec des personnes venues des États-Unis, du Canada, d’Australie, de Suisse et de Dubaï pour participer aux visites, qui ressemblent à un appel Zoom avec un guide touristique. Les groupes sont petits, pour permettre les questions et l’interaction.

« C’est l’un des aspects les plus intéressants de ce système », selon Mme. Gilmore. « Les gens peuvent rencontrer d’autres personnes, tout en regardant les expositions que nous présentons. C’est valorisant, et cela montre le besoin réel de connexion que les gens ont à ce point d’isolement. »

Un projet toujours viable après la pandémie ?

La galerie réfléchissait à l’idée du robot depuis un certain temps. Avant la pandémie, elle avait pensé à la manière dont elle pourrait se connecter avec les enfants d’un hôpital local. « L’une de nos administratrices, Esther Fox, une artiste incroyable et une personne en fauteuil roulant, s’est demandée si nous pouvions proposer des visites guidées par robot », raconte Liz Gilmore. « Elle connaissait les avantages d’être transporté quelque part où vous ne pourriez pas physiquement vous rendre ». Une manière donc de toucher un nouveau groupe de clients. Lorsque la pandémie a frappé, ils ont accéléré le projet.

Pour Hastings Contemporary, le robot et l’attention qu’il a suscitée ont donné un coup de pouce bienvenu en cette période. Mme. Gilmore se dit très reconnaissante de pouvoir offrir quelque chose aux membres qui ont continué à payer leur abonnement pendant la pandémie. « Le robot ayant été partiellement financé par le Arts and Humanities Research Council, nous n’étions pas en mesure de faire payer les visites guidées à ce stade pilote », explique-t-elle. « Mais nous nous intéressons à la manière dont toutes les galeries pourraient monétiser ce projet et développer un flux de revenus. »

Mme Gilmore espère que les visites robotisées pourront être une expérience amusante pour les familles ou les amis qui ne peuvent pas être ensemble physiquement, mais aussi que, après la pandémie, elles seront un moyen pour les personnes qui ne peuvent pas se rendre à la galerie pour des raisons de santé physique ou mentale de pouvoir découvrir l’art. Hastings Contemporary et Gibson/Martelli ont créé des moyens d’interaction avec l’art qui survivront à l’enfermement.

À ce stade, cependant, il est toujours nécessaire qu’un membre du personnel de la galerie accompagne le robot. « Il peut glisser sur une surface plane, mais pas exactement avec la grâce d’un ballet », explique M. Gilmore. « Et il ne peut toujours pas utiliser l’ascenseur. Nous avons besoin d’un humain pour appuyer sur le bouton. »

Source : Theguardian.com

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