Comment l’Allemagne réussi à sauver des emplois durant cette pandémie ?

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Le taux de chômage aux États-Unis dépasse aujourd’hui les 15 %, ce qui représente le pourcentage le plus élevé depuis la fin de la Grande Dépression. Mais en Europe occidentale, les choses se sont déroulées très différemment pendant cette pandémie.

Des dizaines de millions de personnes ont cessé de travailler mais n’ont pas perdu leur emploi, y compris les personnes en fin de carrière qui sont particulièrement exposées au chômage. Sur tout le continent, les employés ont profité de divers programmes de congés de courte durée, dans le cadre desquels le gouvernement paie leur salaire jusqu’à ce que l’activité puisse reprendre, à l’instar du chômage partiel en France.

Dans la plupart des pays, les programmes existaient déjà avant l’arrivée de COVID-19, mis en place pour permettre aux employeurs de réduire temporairement la production en cas de ralentissement, sans licencier les travailleurs, mais ils ont été radicalement étendus et stratégiquement diversifiés pour faire face à ce virus. En France, en Allemagne, en Italie, en Espagne et au Royaume-Uni, on a récemment estimé que plus de 20 % de la main-d’œuvre était concernée par l’un de ces programmes.

Un engagement financier considérable de la part des gouvernements

Les gouvernements dépensent beaucoup de leur propre argent pour maintenir le chômage à un faible niveau, s’assurer que les chèques de paie continuent d’arriver (même si les travailleurs ne reçoivent souvent pas 100 % de leur salaire) et faire en sorte que les entreprises puissent reprendre là où elles se sont arrêtées, les mesures de confinement prenant fin.

La différence de chiffres est frappante. Le FMI s’attend à ce que le chômage allemand atteigne environ 4 % en 2020, et au Royaume-Uni, où la situation est plus volatile, la Banque d’Angleterre a récemment averti que le chômage pourrait doubler, pour atteindre 9 %.

« Ces mesures ont beaucoup contribué à réduire le chômage », explique Jessica Hinds, économiste chez Capital Economics à Londres. « Et comme les travailleurs sont payés, cela signifie que les dépenses de consommation devraient se redresser plus rapidement. Mais il y a aussi des avantages pour les entreprises, puisqu’elles conservent le même personnel avec les mêmes compétences. Les travailleurs n’ont pas à faire face à l’incertitude, et l’économie dans son ensemble n’a pas à subir toutes les pertes d’efficacité qui pourraient être associées à un grand nombre de licenciements et de réembauches ».

Le cas de l’Allemagne

Le plus célèbre, et le plus ancien, de ces programmes européens est le programme allemand « Kurzarbeit », ou « travail à court terme ». Il remonte au début du XXe siècle et est considéré comme l’une des raisons pour lesquelles l’Allemagne s’est remise si rapidement de la récession de 2008-2009.

Les employeurs peuvent réagir à des baisses de la demande à court terme en informant simplement le gouvernement, qui donne aux entreprises l’argent dont elles ont besoin pour payer la plus grande partie de la différence et maintenir ainsi leur masse salariale.

Depuis la crise financière, de nombreux autres grands pays européens se sont inspirés de ce programme pour créer leur propre système dans ce genre de cas. Ces programmes ont été conçus pour faire face aux ralentissements économiques normaux, mais ont été parfaitement adaptés à la pandémie afin de maintenir l’activité et le développement commercial de ces pays.

Katharina Luz est analyste chez Daimler AG, la société qui fabrique les voitures Mercedes-Benz. Le mois dernier, les ressources humaines l’ont informée que ses heures de travail étaient réduites à zéro et qu’elle serait en Kurzarbeit (activité partielle). Le gouvernement lui verse ainsi 60,5 % de son salaire et Daimler lui verse 20 % supplémentaires en complément de revenu (comme le stipule sa convention collective), ce qui lui permet de toucher 80,5 % de son salaire normal.

Toute cette stabilité et cette commodité sont très importantes pour cette analyste en ce moment, puisque Katharina attend son premier enfant cette année. Lorsqu’elle a été placée en activité partielle, elle a quitté Stuttgart avec son partenaire pour se rendre dans sa maison d’enfance.

La dernière version du programme allemand peut être prolongée pendant 21 mois et les entreprises sont éligibles si au moins 10 % de leurs travailleurs ont vu leurs heures de travail réduites de plus de 10 %.

Kurzarbeit permet également une certaine flexibilité dans le nombre d’heures travaillées, ainsi Katharina peut travailler 16 heures (deux jours) dans une semaine, pour préparer un rapport, et continue à profiter de ce programme. Les entreprises peuvent utiliser cette flexibilité pour augmenter lentement la production lorsque la vie économique reprend petit à petit.

Les pays paient en grande partie pour ces programmes en s’endettant davantage. Sur le continent, l’arrivée de COVID-19 a relancé un débat européen permanent sur la question de savoir si les pays de l’UE doivent partager davantage les coûts ou si chaque pays doit faire cavalier seul.

Vingt-six États américains ont une sorte de programme similaire, explique Alexander Hijzen, économiste à l’OCDE, mais ils sont relativement peu connus et pas assez généreux pour que les employeurs y aient recours. « La participation à ce genre de programmes a un coût, puisque les entreprises doivent toujours payer la sécurité sociale et les soins de santé […] Alors qu’aux États-Unis, le simple fait de licencier quelqu’un ne coûte généralement rien ».

Source utilisée : nymag.com

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