Amazon abandonne Boohoo suite aux accusations d’exploitation des travailleurs dirigées vers l’entreprise

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Le détaillant de mode en ligne Boohoo lance un examen indépendant de sa chaîne d’approvisionnement au Royaume-Uni suite à la publication d’un rapport dans les médias révèle des conditions de travail désastreuses dans une usine ; conditions ayant poussé des vendeurs, dont Amazon, à abandonner les produits de la marque.

Boohoo a déclaré ce mercredi que l’entreprise prend « extrêmement au sérieux toutes les allégations de mauvaises pratiques, de mauvaises conditions de travail et de sous-paiement des travailleurs ».

Des rémunérations jugées comme indécentes

Le Sunday Times a rapporté le week-end dernier que les travailleurs d’une usine de la ville anglaise de Leicester étaient payés pas plus que 3,50 £ (3,89€) de l’heure pour fabriquer des vêtements destinés à être vendus par Boohoo. Le salaire horaire minimum au Royaume-Uni est de 8,72 £ (9,69€).

Selon les enquêtes approfondies menées par le journal, l’usine a continué à fonctionner pendant la période de confinement liée au coronavirus, malgré le constat d’une recrudescence des infections, sans que des mesures supplémentaires d’hygiène ou de distanciation sociale soient mises en place.

Les actions de Boohoo, qui possède des marques telles que PrettyLittleThing, Nasty Gal et Karen Millen, ont chuté de 43% cette semaine en réaction à la nouvelle et aux tentatives des revendeurs de couper les liens avec la société.

Le gouvernement britannique se saisit de l’affaire

L’Agence nationale britannique de lutte contre la criminalité a déclaré à CNN Business qu’un certain nombre de locaux commerciaux à Leicester avaient été visités ces derniers jours dans le cadre d’enquête de terrain et qu’elle évaluait « les préoccupations concernant l’esclavage moderne et la traite des êtres humains ». Les entreprises sont passibles d’amendes potentiellement illimitées pour ces infractions en vertu de la loi britannique sur l’esclavage moderne.

Amazon a déclaré qu’elle avait suspendu la vente des marques Boohoo en avançant comme raison le fait que « les partenaires de vente sont tenus de respecter toutes les lois et réglementations applicables, ainsi que les politiques d’Amazon ».

Le détaillant de mode Zalando, basé à Berlin, a déclaré qu’il allait retirer plus de 300 produits Boohoo en réponse aux « allégations contre Boohoo concernant les droits des travailleurs ». L’entreprise a déclaré qu’elle se distanciera de ses partenaires formant sont circuit de production et de distribution qui ne donnent pas la priorité à la sécurité des travailleurs. Un troisième détaillant, ASOS, a temporairement suspendu ses relations avec toutes les marques de Boohoo.

Boohoo justifie pourtant sa lutte contre les mauvaises conditions de travail

Boohoo, qui est une entreprise qui fonctionne sans aucune usine de fabrication propre, a déclaré qu’elle mettra fin à ses relations avec les fournisseurs qui ne respectent pas son code de conduite et s’est engagée à verser 10 millions de livres (11 millions d’euros) pour éradiquer les mauvaises pratiques de la chaîne d’approvisionnement. Elle a déclaré qu’elle avait déjà annulé des contrats avec deux fournisseurs qui ne respectaient pas ses politiques.

L’année dernière, la société a engagé un spécialiste de l’audit éthique, Verisio, pour compléter son équipe de conformité et a déclaré qu’elle effectuait des visites inopinées dans les installations des fournisseurs. « Nous nous engageons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour reconstruire la réputation de l’industrie textile de Leicester », a-t-elle déclaré.

Les usines de confection britanniques ont déjà fait l’objet d’enquêtes médiatiques. Le Financial Times a rapporté l’année dernière qu’une partie de l’industrie de l’habillement de Leicester s’est détachée du droit du travail britannique, citant un propriétaire d’usine qui la décrit comme « un pays dans un pays », où « 5£ (4,43€) de l’heure est considérée comme le salaire le plus élevé ».

Boohoo a déclaré qu’environ 40% de ses produits sont fabriqués au Royaume-Uni, « soutenant des milliers d’emplois dans ce pays qui pourraient autrement être perdus pour les marchés étrangers ».

La société a déclaré un chiffre d’affaires de 1,2 milliard de livres (1,33 milliard d’euros) pour les 12 mois se terminant en février, soit une augmentation de 44% par rapport à l’année précédente.

Source : CNNBusiness.com

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